Guide pratique à l’attention de la femme violée

Nous avons reçu un mail de Vivie La Tigresse intitulé "Guide pratique à l’attention de la femme violée"

Encore une bonne femme qui fait de l’esprit ?

TCHiiiP !!!

<< Chère Tchipie,

Je suppose que comme moi tu sais déjà que pour être crédible un femme violée ne doit pas être habillée de manière aguichante, ne pas s’être baladée dans un lieu "suspect" et ne avoir été éméchée (voir saoule) au moment de son viol.
Mais depuis 2 mois j’apprends bien de nouvelles règles à respecter pour avoir "l’air d’une (vraie) femme violée".
- Ne pas avoir été violée par un homme plus riche que toi = tu fais ça pour l’argent (ingrate)
- Ne pas avoir menti a aucun moment de sa vie = tu mens encore (un violeur ne viole que les femmes qui n’ont jamais menti. Dans la même lignée, c’est bien connu, les pédophiles violent les petits enfants parce qu’ils n’ont jamais vraiment eu l’occasion de mentir… ils sont des " innocents"…, non ?)
- Ne pas avoir d’amis "louches" = tu es aussi louche qu’eux
- Ne pas avoir un physique "quelconque" = tu n’es pas désirable ( tu ne l’as jamais été et ne le sera jamais. Surtout pas pour un violeur.)
- Ne pas être dans une état second et avoir continué ta routine comme un robot = tu n’es pas vraiment affectée
- Ne pas attendre trop longtemps pour porter plainte = tu veux juste te faire de la pub (cf affaire Banon)
Et oui il faut rajouter "ne pas te  forcer à faire une fellation" = c’est pas possible (que tu aies été forcée à mettre dans ta bouche la queue d’un malade mental, sans que tu sois préalablement pas d’accord. Impossible.)"
J’ai entendu beaucoup de conneries depuis 2 mois mais depuis que N.DIALLO a témoigné à la télé c’est de pire en pire.
La dernière en date :
"Elle fait 1.80m, porte des talons = c’est pas possible qu’un homme d’un 1.70m ai pu la forcer à faire quoi que ce soit"  (ben oui, forcément, une bonne femme violée est une femme de petite taille, de 60 kg… Toute femme en surpoids, vieille ou obèse ne peut être une femme violée)
Qu’en penses-tu ?
N’a t on pas avancé depuis l’époque de "la mini-jupe trop courte" ?>>
Chère Vivie La Tigresse,
Comme tu l’as remarqué, nous avons mis nos commentaires en rose. Merci beaucoup pour ton guide IRONIQUE de la (bonne) femme violée. Ca nous a fait froid dans le dos. En réponse à la mini-jupe et l’évolution des mentalités des hommes (et des femmes!) au sujet du viol, je dirais que ça me rappelle…

"la marche des salopes" 

<<La première « slutwalk » (marche des salopes) s’est déroulée le 3 avril 2011 à Toronto, en réaction aux propos d’un policier ayant conseillé aux femmes de ne pas s’habiller comme des « sluts » (salopes) si elles ne voulaient pas se faire violer.

Des propos qui ont mis 3 000 femmes dans la rue avec un mot d’ordre : porter du court, du moulant, des talons et revendiquer haut et fort un statut de « slut ». Une façon très 2011 de réinterpréter le classique « mon corps m’appartient ».

Et de rappeler qu’une victime de viol n’est en aucun cas responsable de son agression. Que les hommes qui ne contrôlent pas leurs pulsions à la vue d’une minijupe restent chez eux : les « sluts » sont de sortie. Après le gros buzz créé au Canada par cette manif d’un nouveau genre, la « slutwalk » s’est propagée un peu partout. Avec, à chaque fois, une dimension locale.

A Mexico, la « marcha de las putas » avait une saveur particulière, dans un pays marqué par le « fémicide » jamais élucidé – et toujours d’actualité – de Ciudad Juarez. En Europe, la « slutwalk » de Londres a coïncidé avec le début de l’affaire DSK et l’effervescence des débats féministes.

L’Inde, un des pires pays où vivre pour les femmes

Fin juillet, c’est la ville de New Dehli qui se prépare à accueillir un défilé d’Indiennes court vêtues. Mais dans un pays peu connu pour l’émancipation de ses femmes, la marche prend une tout autre dimension et l’évènement est compliqué à organiser.

Originellement prévue pour le 25 juin, la marche a été reportée à la fin du mois de juillet, après avoir créé la polémique. Il y avait déjà ces tenues ultra-provocantes, très éloignées du sari que portent l’écrasante majorité des femmes.

Mais plus que les vêtements, c’est le mot même de « slut » qui a choqué. Quand on sait que New Delhi est surnommée « la capitale du viol » et que l’Inde fait partie des cinq pires pays au monde où vivre quand on est une femme, on imagine facilement que les débats portent moins sur la longueur de la jupe que sur l’infanticide des filles ou les crimes d’honneur. Et que le message de s’habiller comme une pute aura certainement une autre résonance que dans les pays occidentaux où, à défaut d’être toujours effective, l’égalité des sexes est inscrite dans la loi.

Une « marche des effrontées », pas des salopes

Les Indiennes, qui tentent déjà une mobilisation timide contre le harcèlement quotidien du « Eve teasing » (appellation poétique pour harcèlement sexuel), ont probablement beaucoup de chemin à parcourir avant de revendiquer des tenues légères. Par ailleurs, des voix se sont déjà élevées pour dénoncer l’aspect social d’une telle marche, organisée par et pour une élite occidentalisée, peu confrontée aux réalités du pays.

Malgré tout, la marche est maintenue et devrait avoir lieu à la fin du mois. A une nuance près : elle s’appellera finalement la Besharmi Morcha, la « marche des effrontées ». Un terme dérivé, un peu édulcoré, mais probablement plus adapté.

En Afrique aussi se prépare la première « slutwalk » : elle devrait se dérouler le 20 août à Johannesburg et rassemble déjà près de 1 000 fans sur Facebook. Alors que les témoignages sur les viols correctifs envers les lesbiennes se multiplient, les Sud-Africaines auront sans doute besoin de courage pour sortir revendiquer leur statut de « sluts » dans les rues.

Un tel succès à travers le monde pose nécessairement de nombreuses questions, et plusieurs féministes ont déjà proposé une interprétation de cette nouvelle forme de militantisme. Pour Pamela Cytrynbaum, qui enseigne la communication, les « slutwalks » sont peut-être l’amorce d’une nouvelle révolution. Pour Jessica Valenti, jeune blogueuse féministe, elles sont l’expression d’un féminisme rajeuni et dédramatisé.

Les versions indienne et sud-africaine promettent d’être instructives. Inspireront-elles pour autant d’autres pays où les femmes sont particulièrement malmenées ? Difficile pour l’instant d’imaginer une « slutwalk » en Arabie Saoudite, en Egypte ou au Congo.>> (source : rue 89)

A quand une marche des salopes (ou des effrontées) aux Antilles-Guyane ?

Happy Sexy Slutwalk !

Vous aimerez aussi :

Fellation forcée : Vous n’avez pas de dents, vous ?

200 hommes victimes d’abus sexuels présents sur le Oprah Winfrey Show

…Ecarte tes cuisses !

About these ads

6 réflexions sur “Guide pratique à l’attention de la femme violée

  1. Vivie la Tigresse 13 novembre 2011 à 13 h 46 min Reply

    Merci beaucoup pour la réponse…
    Je suis contente de voir la réaction des femmes du monde entier grâce aux Slutwalk.

    Je ne rajouterais qu’une chose : La honte doit changer de camp ! (http://www.contreleviol.fr/)

    Ce sont les mecs qui devraient avoir honte; ils ont un cerveau, ils ne sont pas des animaux !!

  2. absolutlyfabulous 15 novembre 2011 à 9 h 26 min Reply

    Bien dit !!

  3. whatsmeans 15 novembre 2011 à 13 h 46 min Reply

    Je trouve l’article intéressant et je suis contente de voir que les femmes se révoltent. Je n’étais pas au courant du "Slutwalk", j’aurai appris quelque chose :)

  4. Whatsmeans 15 novembre 2011 à 13 h 47 min Reply

    Je trouve l’article intéressant et je suis contente de voir que les femmes se révoltent. Je n’étais pas au courant du «Slutwalk», j’aurai appris quelque chose :)

  5. Toma 25 novembre 2011 à 13 h 44 min Reply

    Où étiez-vous ? Dans ce quartier ? A cette heure-là ? Avec quelles personnes ? Habillée comment ? Vous êtes sure que vous ne les avez pas provoqués ? Vous aviez bu ? Vous aviez pris de la drogue ? Mais pourquoi vous les avez suivis ?

    Voici les questions que l’on pose aux femmes qui portent plainte pour viols.
    Après on s’étonne qu’elles se sentent coupables …

  6. [...] C’est, en fait, un mail d’une lectrice écrivant avec beaucoup d’ironie, ce que le “guide pratique à l’intention de la femme violée” pourrait être. C’est une critique à l’égard de ceux qui disent: “Tu aurais [...]

Poster un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

Suivre

Recevez les nouvelles publications par mail.

Joignez-vous à 243 followers

%d bloggers like this: