Dark girls

Voilà un documentaire qui a toute sa place sur TCHiiiP !!!

« Dans ce documentaire daté de 2011, les réalisateurs Bill Duke et D. Channsin Berry examinent pourquoi le préjugé racial persiste au sein des gens d’ascendance africaine et comment il affecte la vie des femmes noires qui en patissent. » (africultures.com)

« Les réalisateurs de Dark Girls D. Channsin Berry et Bill Duke ont donné la parole à des hommes, des femmes et des enfants de tous horizons, afin d’essayer de comprendre comment la couleur de peau des personnes noires et en particuliers celles d’un noir plus foncé peut déterminer leur bien être et en définitive la place qu’elles occuperont dans la société. Il s’agit de la théorie du colorisme qu’a analysé l’historien français Pap Ndiaye. » (afrosomething)

« Cela semble peu croyable qu’un enfant demande à sa mère de mettre du décolorant dans l’eau de son bain pour blanchir sa peau. Et pourtant, c’est une réalité pour de nombreuses femmes de la diaspora africaine qui refusent d’être uniquement définies par la couleur de leur peau. » (Allocine.fr)

« Certains témoignages sont surprenants, voire parfois choquants mais ont tous en commun une sincérité poignante. L’une des intervenantes raconte comment un jour, sa mère décrivait ses jolis traits, et se disait fière d’avoir une fille aussi belle avant de conclure: “Et si avec tout ça elle pouvait être claire, elle serait magnifique!”. (Sowomag)

« Celle qui m’a le plus « traumatisée », c’est celle qui pleurait en racontant que sa soeur jeune accouchée fanfaronnait en disant « ouf ! Mon bébé est beau, il est pas noir »… Et elle est noire de peau, elle… »

Ma meilleur amie est bien plus claire que moi(au cameroun on dit plus brune) et chaque fois qu’on est ensemble les hommes passent le temps à lui dire qu’elle a un beau teint et que son teint « passe le marché » comme on dit ici. C’est pour dire qu’elle aura tendance à attirer pus l’attention du sexe opposé que moi qui suis plus noire! alors pour garder ce teint « commercial » comme on appelle chez nous, elle va utiliser de plus en plus des laits éclaircissants. j’ai beau lui dire elle ne comprend rien! le comble c’est que la semaine dernière, elle avait un peu noirci, puisqu’elle devait aller rendre visite à son copain qui habite dans une autre ville elle a commencer à utiliser un sérum très fort pour vite retrouver son teint d’avant parce que dit elle: son gars l’a connu brune, il ne faudrait pas qu’il soit choqué de la voir avec une autre couleur!!j’ai été vraiment choquée, et je me suis sentie insultée… (commentaires lu sur Nounouneetsestifs)

Quand je vois la quantité de documentaires et de discussions que la société américaine pose sur la question raciale, je me dis :

1) Dommage que nous ne soyons pas américains.

La langue de bois sur les origines, la couleur,  l’identité etc… Hop, sur la table ! Il y aurait eu des « ca se discute » sur la question de la couleur de la peau, des femmes  qui se sentent mal à cause de la couleur de leur peau.  Des plateaux TV où la diversité et les problèmes de cette diversité sont vraiment traités comme des faits de société. Et non comme dans un reportage sur un pays exotique à Poupouland.

2) Dommage que la langue de base de ces reportages  soit souvent l’anglais.

Les français ne maîtrisent pas l’anglais. Et la question Noire en France et ses problèmes liés à la couleur de peau, intéresse-t-elle La France ? Visiblement non. Alors on en parle pas. Si c’était le cas, les réalisateurs auraient surement trouvés un écho à d’autres documentaires ou d’autres reportages menés par d’autres journalistes ou autres réalisateurs Français. Français immigrés, Français de souches, Français amis d’immigrés, Afrofrançais. Français quoi. Français de tous bords.

Mais visiblement, ca n’intéresse pas. L’Autre, si c’est pour parler de lui… et non sur lui… ça n’intéresse pas.

Dans une société où la peur est le moteur qui permet de parler de l’autre, peur de la religion de l’autre, peur de l’immigration de l’autre, peur de sa présence et de sa différence… Je m’interroge. Pouvons-nous vraiment parler d’intégration quand on ne cherche même pas à savoir ou à parler du « couteau » qui parfois, cisaille les entrailles de ceux qui veulent être considérés comme « les autres » et non comme « un autre que nous » ? Pouvons nous parler de l’autre et non parler sur l’autre ?

Je m’égare probablement, mais je suis toujours sidérée par le fait que du simple fait d’être né « là » et non « là-bas », nous n’avons pas accès, à la même vitesse, dans le même élan, à des débats de société qui nous permettraient à tous de grandir dans notre coin, et en même temps que « l’autre ».

Les choses finiront bien par changer.

C’est aussi ça la force de la vie.

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