Les couleurs du destin – Film de Tyler Perry

Les couleurs - ensemble

Synopsis

Gilda est impuissante devant la violence conjugale dont est victime sa voisine, Crystal. Alors que Kelly ne peut pas avoir d’enfant, Nyla doit se faire avorter, tandis que sa soeur, Tangie, cumule les histoires d’un soir, au grand dam de leur mère, Alice, qui voue un culte sans borne à Dieu. Yasmine tente de refaire confiance à un homme, tandis que le mariage de Jo est en déroute et que Juanita essaie d’oublier un ancien amant. Toutes ces femmes vivent, chacune de leur côté, une épreuve qui changera leur vie.

L’adaptation de la pièce écrite en 1975 par Ntozake Shange sur les difficultés à être une femme de couleur dans le monde actuel.

Avis

Je n’ai pas de grands discours à faire sur la négritude et encore moins sur le féminisme. Ne parlons même pas de la place du Noir (ou des rôles joues par les noirs dans le cinéma). Mais j’ai mes émotions, mes ressentis et mes yeux. Et c’est avec ca que je vais vous livrer mon appréciation du film.

Je me suis sentie extrêmement mal à l’aise en visionnant ce film.
Je me suis sentie emprisonnée. Ou plutôt, j’ai eu l’impression que l’on voulait m’emprisonner du simple fait que je suis… Une femme Noire.

Je n’ai pas aimé.
Tout a commencé par le titre : « les couleurs du destin « .

A quelles couleurs faisait-on référence au juste ?
Bien sûr, ceux qui se sont penchés sur ce film savent qu’il est l’adaptation d’un livre et d’une pièce de théâtre (for colore dgirls who ever considered suicide / when the rainbow is enuf)  où chaque femme est représentée par une couleur de l’arc-en-ciel.

Mais chaque femme est aussi une femme Noire.

Et chacune de ces femmes Noires vit une tragédie sans nom.

Une tragédie dont aucune de nous, Noire et non-Noire ne voudrait.

Tout y est : femme battue, femme violée, femme avortée, femme mangeuse d’homme, femme servante de Dieu, femme seule… Femme bafouée, trompée… Femme en souffrance. Femme pauvre.

J’ai vu le film 3 fois, et à chaque fois, je me suis posée la question :

 » Mais suis-je vraiment concernée par ce film, du simple fait d’être Noire ?

Dois-je être touchée ? Mon destin est-il lié à celui de ces femmes ?

Car il s’agit bien… Des couleurs du destin. J’en fais donc partie ? « 

Les questions peuvent paraître bizarres et déplacées, on pourrait juste me dire « ce n’est qu’un film ». Mais non, ce n’est pas qu’un film. C’est un film qui est né d’une féministe Noire, dont l’ouvrage  me renvoie à la réflexion d’une jeune femme, en thèse de littérature, qui avait sorti, au cours d’une discussion sur le développement économique :

 » Mais voyons, je ne suis pas riche. Je suis une Femme Noire, voyons ».

On aurait pu croire à un certain cynisme venant de cette jeune femme, mais pas du tout.

Elle y croyait dur comme faire. Elle était Noire, DONC, elle ne pouvait pas être Riche.

Et c’est un peu à ça que me renvoie le film: à un enfermement irrémédiable dû à une couleur de peau. Une interdiction de vivre la beauté de la vie.

Mais qui nous enferme ?

Qui se laisse enfermé ?

Qui s’enferme ?

Qui se sait… hors de tout ça ?

Je pense qu’il faudrait que je lise l’ensemble des poésie à l’origine de ce film (le film ne reprenant que 14 poésies et non l’intégralité de l’ouvrage).

Peut-être que j’y verrai… Une autre couleur.

Celle de l’espoir.