CARNIVAL

Ai-je été la meilleure femme que je puisse être pour moi ?

Bilan de l’année 2012 oblige, je ne peux me pencher sur l’année qui est en train de s’achever sans la lier à l’existence de ce blog.

L’année 2012 a été une année chargée (d’ailleurs, il y a-t-il vraiment une année qui ne le soit pas ?), tant sur le plan personnel, que professionnel, que blogonel (morte de rire).

Ai-je été la meilleure femme que je puisse être pour moi ?
Oui, car « ai-je été une bonne personne ou une bonne femme » ne m’intéresse pas. Une bonne personne par rapport à qui ? Une bonne femme par rapport à quelle femme digne d’être désignée « bonne femme »
pour moi ?
Non, c’est pas comme ça.

Ai-je été bonne pour Moi ? En tant que Femme, Tchipie et Enquiquineuse.
Voici les quelques leçons tirées de cette année 2012.

MER

La leçon des personnes essentielles : J’ai perdu des amies suite à un problème que l’on m’imputait. Je me suis excusée, mangée des reproches, des moqueries, de l’insulte et de la condescendance, le
tout sous un air de « de toutes façon tu es moins que nous, pa balé ba nou, tu n’es pas des notres, d’ailleurs tu es indigne d’être dans notre entourage ».

Je me suis posée, j’ai mal dormi, j’ai fait des cauchemars, j’ai tapé dans les murs, je les ai traitées de grognasses et puis un jour, je me suis rappelée que moi aussi j’avais tourné le dos à qui un jour m’avait fait du tort et que je pouvais me servir de ce qui était en train de se passer dans ma vie pour en tirer une leçon : celle de retrouver les personnes qui comptent.

J’ai prié (oui ça m’arrive) j’ai pris mon téléphone, et j’ai repris contact avec 2 personnes qui m’étaient chères. L’une qui est de mon sang, et l’autre avec qui le passé à été tellement riche et joyeux que je ne pourrai jamais l’oublier.

Je me suis assise, j’ai parlé, j’ai fumé, j’ai ri, je me suis expliquée, j’ai continué comme si de rien n’était, j’ai dit mes rancoeurs, j’ai entendu celle des autres, j’ai été aidée par ces mêmes personnes à un moment où je ne m’y attendais même pas, je me suis confiée, j’ai repris espoir. Oui, il y a des conflits qui nous sauvent de nous même et de notre propre bêtise.

Alors aussi douloureuse qu’à été cette perte en 2012 :Merci. J’ai appris qu’il faut toujours tenter de retrouver le chemin de personnes essentielles pour moi.

MER 2

La leçon du pardon : L’un de ceux que j’aimais m’a quitté. J’ai eu un gwo poil foudroyant. Le genre de gwo poil qui vous fait pleurer en entendant son prénom. Mes amies ont compris, elles me laissaient pleurer et dans la minute je riais, je revenais à moi, comme si tout ça n’avait pas d »importance.
J’ai crié ma rage à celui qui m’avait fait du mal, mais qu’avais-je vraiment à lui reprocher si ce n’est que de m’avoir quitté ?

Si j’en avais eu l’occasion, je l’aurais fait à sa place de la même façon (ne vous penchez pas trop sur la question). Je n’ai qu’une chose à dire : il a le droit d’être heureux. Surtout à son âge. Surtout à cette distance, surtout pour le fait que je n’appartiens à personne, sinon qu’à moi-même et que j’ai toujours agi comme si j’étais libre de tout engagement, de tout « je t’aime ».

Quelques mois plus tard, penchée par ma fenêtre j’ai repensé à lui et je lui ai passé un coup de fil. Il a décroché. Trois minutes après il m’avouait penser à moi et m’a demandé pardon pour le mal. Et le silence. Et la fuite. Il fallait du courage pour qui n’avait plus rien à gagner à me dire ça.

J’ai appris qu’il faut parfois laisser la porte ouverte, pour entendre les mots qui adoucissent. Mais qu’on ne peut avoir ça si on est plein de colère et de ressentiments. Pas facile, mais accessible.

La leçon des 30 minutes : J’ai flashé sur un Homme au grand coeur, un acteur, un showman. Le genre d’homme qui, sans même forcément le souhaiter, attire des milliers de nanas. Je suis une passionnée quand je **flash** alors je lui ai fait la cour (morte de rire). J’en ai parlé à mes amies, toutes mes amies, qui m’ont dit : Qu’as-tu à perdre, parle-lui, parle-lui car c’est qui te tient au coeur.
La leçon des 30 minutes ? Non, nous n’avons pas fait l’amour en 30 minutes, merci (c’est pas faute d’avoir voulu). J’ai eu 2 rendez vous de 30 minutes à des heures improbables de la nuit et du jour, en courant par monts et par vaux et en buvant du jus d’orange, en courant en talons, en arrivant en retard. Je le dépassais d’une tête, j’avais les yeux rempli d’étoiles en le voyant. Et oui, dans ma tête j’avais
15 ans.

J’ai appris que même les personnes qui nous semblent inaccessibles le sont beaucoup moins que nous le pensons. Parfois, en faisant les choses avec sincérité, authenticité et une pointe d’espoir, on finit par se retrouver à sourire, à un moment improbable de notre vie, en compagnie d’une personne qui sans le savoir aura mis des étoiles dans notre coeur. Par sa simplicité, sa gentillesse et son humour. Merci.

La leçon du « Et si je la contactais ? » : Oui, ce blog m’a permis de rencontrer d’autres blogueuses, et même… de partir en voyage avec l’une de mes followers. Carnaval de Rotterdam : Bonjour. Ce fut un
moment… Comment dire ? Sans manman ni papa. Le genre de moment où tu te retrouves seule embarquée dans une foule, à te demander, comment, au bout de 2h de vidé sans manman ni papa, on va pouvoir te retrouver dans une foule immense. Et puis soudain, Elle te retrouve, elle a un sinowball dans main, tranquiloubilou.

J’ai appris qu’il faut s’ouvrir à l’extraordinaire pour avoir des rencontres exceptionnelles, inattendues et drôles.

bulles

La leçon de la folie douce : Je vous passe les moments bordeline où on part en pleine nuit, on boit du champagne à la plage – pété et heureux -, on fait des bulles de  savon dans villes improbables d’Europe -parce que les bulles, ben c’est beau, les moments où le plaisir flirt avec l’illicite volatile, les moments où on a envie de tout foutre en l’air et qu’on se retrouve embarquée dans un 4×4, sans argent, sans
portable, juste l’envie de dégager et de voir autre chose. Je vous passe les moments, où on drague fort, on drague dur, on drague sec, comme les hommes le font avec nous, juste pour l’adrénaline, pour voir le visage de l’autre se décomposer, pour le marquer à vie par notre pseudo-indécence et notre côté couillu. Je vous passe les « putains, j’ai dormi de 03h du matin à 19h… putain, où est passé ma journée », je vous passe les « ben… Ok les gars, je vous fais confiance, je prends la route avec vous », je vous passe les « kounia manmanw isalop », les « oui papa, j’arrête de dire « fais chiez », « embrasse-moi… je t’aurais bien embrassé mais tu fais 2 mètres et ma bouche arrive au col de ton t-shirt », les « va te faire foutre », les « quelle connasse ! », les « habille-toi, on va au restaurant », les « j’ai passé une véritable journée d’enculée », les « j’adore quand tu fais ça! », les « ben… une fois ça c’est fait, mais bon… 2 fois faut pas déconner, c’est pas comme si j’avais eu du rêve – morte de rire ! « , les « j’ai pas payé mes impôts »… les « tu es important dans ma vie », les « où est l’amour », « où est ma culotte », « où est mon portable », « où est mon sac », « où sont mes clés », « où est ma mère », « où est le linge propre », « où est le riz – merde j’ai pas fait les courses », « où est le papier toilettes », « où est l’article que j’ai posté sur le blog y’a 2 minutes ? », « où en est ma vie » ?

Et l’une des choses les plus belles qui m’aient été dite :
 » tu es une femme exceptionnelle ».
Et non, il n’y avait pas de sexe en jeu.
Ni de fellation pour les mauvais esprit.

Juste 2 personnes qui aiment bien leur folie douce ensemble.

PARIS

La leçon du culot : J’ai renvoyé par la poste un vêtement qui m’avait été prêté par une femme qui ne voulait plus entendre parler de moi – (elle m’a surement insulté en recevant le colis, et brûlé le vêtement derrière, je n’attends pas moins d’elle), j’ai appris à un autre acteur (pas mal du tout par ailleurs) à danser le zouk, en lui disant d’arrêter de
reculer son bassin quand il danse avec moi, que s’il bande, il n’a qu’à respirer un grand coup et recommencer à se coller, ça passera. Il était décontenancé. J’ai aimé ça.  » – morte de rire -, j’ai giflé de toutes mes forces quelqu’un qui m’avait poussé à bout – en le prévenant quand même – et en m’excusant sincèrement par la suite, j’ai menacé quelqu’un de reprendre son projet si lui n’est pas capable de s’en occuper, je l’ai fait. J’ai témoigné par écrit à un syndicat de l’attitude à chiez d’un employeur, j’ai écrit à un  ministre pour dénoncer une pratique abusive d’une entreprise vis à vis des personnes dont les banques sont domicilées aux Dom-Tom – j’ai eu une réponse intéressante, j’ai menacé une attachée de presse qui me menaçait d’un procès, j’ai serré dans mes bras mon meilleur ami qui déteste qu’on le touche, j’ai insulté pendant 10 minutes un gars qui frappait sa compagne devant tout le monde en calculant la distance qu’il y avait entre lui et moi pour savoir combien de temps il me faudrait pour fuir si jamais il se décide à changer de cible. J’ai crié à sa compagne qu’elle finirait dans la tombe si elle rentrait avec lui. Elle me regardait hébétée, j’ai pleuré quand j’ai vu qu’elle ne réagissait pas, qu’il gardait son sac-à-main avec lui en disant « je fais ça pour son bien car elle est pas très équilibrée et arrête de croire que je suis comme tous les autres antillais, je tiens à elle ». Je lui ai redit que c’est pas de l’amour et de ne pas mettre les antillais dans son truc. Trop tard. J’ai pleuré car on a pas le droit d’avoir une vie de merde comme ça. Cest con, mais c’est tout ce qui me restait.

J’ai blogué sur ma vie d’enquiquineuse. J’ai reçu des insultes, j’ai riposté, j’ai ri, j’ai reçu des mails trop mignons (grand sourire), j’ai disparu pendant 1 mois, les gens se sont inquiétés, je suis revenue sur une note sur un porno (normal), les gens ont aimé et étaient rassurés pour certains, de me savoir en vie.

Je vous aime mes followers.

La leçon du « secret trop bien gardé » : J’ai appris qu’un homme que j’aime comme un frère était un futur papa. J’étais heureuse pour lui. J’ai eu envie de vomir quand j’ai appris que pour des raisons qui
m’échappent , la future mère de l’enfant est en conflit avec le père. Avec le peu d’éléments que j’ai, et sachant que l’homme en question l’aimait et qu’il ne lui a jamais fait de mal, » je me suis dit qu’elle est une sale conne antipathique qui gâche son propre bonheur.

J’ai appris d’ailleurs qu’il y a des gens qui se spécialisent dans cette pratique : gâcher; A way of life. Ca ne les rend pas plus heureux, mais quand on a peur du bonheur, c’est peut être notre seule façon de nous sentir vivre ?

J’ai appris que quelqu’un qui m’a ouvert les bras, son coeur et la porte de sa maison, de sa famille… avait le VIH et qu’il le gardait pour lui depuis longtemps. Peur du jugement, qu’on ait peur de lui…
On lui a presque dit d’aller se faire foutre quand on l’a serré dans nos bras, en lui rappelant qu’on est là pour lui et qu’il est un sale con de ne pas nous avoir dit ça plus tôt.

CARNIVAL

La leçon de l’écriture : J’ai appris que les gens n’aiment pas qu’on leur dise des choses crues, vraies, qu’on dépeigne le « pas-beau », « pas classe », « pas agréable », qu’il soit antillais ou d’ailleurs. J’ai
appris que les gens mettaient en doute le fait que je sois une femme car je parle des hommes sans les mettre dans le gros sac de crable « tous des chiens », j’ai appris que les gens mettaient en doute mon antillanité, le fait que j’ai grandi aux Antilles, que je suis Antillaise, que je connais mieux les antilles que n’importe quel autre endroit au monde, parce qu’il paraît qu’une antillaise ben… c’est pas comme moi je parle – morte de rire – ben c’est comment ?

J’ai appris qu’écrire vrai c’est aussi écrire et parler de soi. Ecrire pour soi, c’est parfois donner aux autres des clés sur leur propre vie. Des clés que parfois eux-même ne cherchaient pas.

A tous ceux qui fond des bilans de l’année : BIG UP et bon courage !

A tous mes followers :
Je vous souhaite le meilleur, le beau, le festif, les réconciliations, les prises de conscience, les prises de position, les revirements positifs de situation. Le meilleur en tout et partout.

Avec amour, un zeste de folie, du miel et des prières pour les moments
où ça va pas,

La Tchipie.

PS : Ai-je été la meilleure femme que je puisse être pour moi ?

OUI