La femme pacifique : étude psychanalytique de l’agressivité selon le sexe

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« Aucune transformation des relations entre les sexes ne se produira sans agressivité et sans souffrance » – « Les conflits […] sont inévitables. Il faut les élaborer et non les éviter. » Margarete Mitscherlich

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Après avoir collé une gifle (à défaut d’un coup de poing) à un homme et avoir ressenti une culpabilité immense de m’être laissée aller à une telle agressivité, après avoir manqué de répondre à une femme m’ayant laissée entendre que je suis mal éduquée, que je préfère être mal éduquée qu’à son image, une petite mal baisée par son eunuque de compagnon, j’ai dû me rendre à l’évidence : l’éducation que l’on m’avait faite sur le « reste pacifiste », « surtout n’enflamme pas les propos des autres », « fais-toi petite, sinon la fureur des autres se déchaînera sur toi », était véritablement un échec. Ignorer son agressivité – la refouler comme on dit – ne conduit qu’au drame de la cocote minute émotionnelle.

Ca chauffe, ca chauffe et attention, ça peut exploser !

Echec aussi car, d’une part se faire petite (discrète, ne pas se faire entendre, ne pas critiquer, ne pas se dire ouvertement) est le plus sûr moyen de se faire manger par les autres ou de se faire exploser par ces derniers (une pensée aux petites souris et aux moustiques). Le pacifisme à tout va n’est pas toujours la bonne solution.

Enfin, je dis ça, mais je prends des pincettes quand même, car les images des leaders, Martin Luther King et bien évidemment, de Gandhi, se sont dressées devant moi.

Après avoir fait un bilan de ces nombreuses années à encaisser les « jeux de mots », les tournures et autres phrases cassantes, après avoir fait un second bilan des « balayettes-coup-de-poing dans la djol » que j’ai donné, j’ai dû me rendre à l’évidence : je ne suis pacifiste, ou n’essaie de l’être, que parce que mon éducation de femme (= qui est là pour apaiser les conflits, aimer et servir de liant entre tous les êtres humains bla bla bla), fait que… j’ai appris à ménager ma propre agressivité, à la refouler autant que possible. Au point que ça m’a déjà coûté très cher.

Car oui, comme dit la maxime : « Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme ».

Alors,  l’agressivité étouffée, où va-t-elle ? Et si elle ne se retourne pas vers l’autre qui m’a agressé, ne se retourne-t-elle pas vers… moi-même ? Qu’en faire ?

En me penchant sur la question, j’ai fait la découverte de ce livre : « La femme pacifique : étude psychanalytique de l’agressivité selon le sexe », de Margarete Mitscherlich.
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Plusieurs passages de ce livre m’ont interpellés.

Les femmes et leur relation avec le pouvoir.

Les femmes qui s’affirment, dans leur pouvoir personnel, dans leur créativité, leur critique et qui finissent par se retrouver à « affronter » d’autres femmes, elles-mêmes privées de pouvoir.

L’histoire de cette femme mariée frigide et de sa relation avec sa mère…

Un livre à lire et à relire.

Et je tiens à le préciser, accessible, même à ceux et celles qui ne sont pas fans des livres ayant comme sujet la psychanalyse.