A l’intime des mots: Rencontre avec Erik Pédurand [Nouvel Album : Ecole Créole]

Nous sommes allées à la rencontre de Erik Pédurand. Pour ceux qui ne le connaissent pas, Erik Pédurand est un jeune chanteur guadeloupéen aux résonnances soul, afro, caribéenne, là où l’âme se marie avec l’exil, de Paris, en passant par les Antilles et les Etats-Unis.

En makrélant le facebook d’Erik, on y découvre l’univers de son nouvel album « Ecole Créole »:

« un album chaud et organique, délicieusement surprenant dont la plupart des titres ont été enregistrés en prise unique, à la manière des groupes mythiques des années 70… Un souffle nouveau et « old school ».« Fortement inspiré des rythmes de l’Afrique francophone, de la nouvelle scène soul parisienne et du Zouk rétro, Ecole créole réinvente et surprend. »

We met Erik Pédurand. For those who do not know him, Erik Pedurand is a young Guadeloupean singer with Afro-Caribbean and soul resonances,  where the soul marries with the exile, through Paris, the Caribbean and the United States.In makrelant (private joke : by reading) the Erik’s facebook, you will discover the world of his new album « Ecole Créole » (= Creol School for english speakers).

« an hot and organic album, delightfully surprising where most of the songs were recorded in one shot, like the legendary bands of the 70s … a new and  » old school  » breath. « Heavily inspired by rhythms from Francophone Africa, the new parisian scene of soul and Retro Zouk, Ecole Creole reinvents and surprises. »

Are you ready ?

Let’s go !
Erik

La Tchipie : Morceau choisi: Little intro box.

Cette entrée dans l’album m’a rendue profondément mal à l’aise. D’une part parce que je l’ai écouté en boucle (sourire), d’autre part parce que le souffle qu’on entend, nous rend tout de suite très intime avec toi. En ce qui me concerne, j’ai eu la sensation que tu es allé me chercher « dans le ventre ». Pourquoi le choix de cette composition mêlant enfance et intimité de l’artiste ?

Track of my choice : Little intro box. The begining of this album made ​​me deeply uncomfortable. Firstly because I listened it again and again (smile), secondly because the breath we hearing makes us  very intimate with you. I had the feeling that you went to get me « in the belly. » Why this choice for this song: mixing childhood and intimacy ?

Erik Pédurand : Cette intro « boite à musique », un peu « creepy » pour certains, je l’ai choisie pour sa mélancolie,   étant enfant j’étais déjà très rêveur, et toujours extrêmement réservé et mélancolique, à l’image de cette mélodie. École créole devait commencer avec quelque chose de très personnel, cette boîte à musique que je possédais depuis toujours et tous les souvenirs agréables et parfois… douloureux qui l’accompagnent.

This intro « music box », a little bit « creepy » for some people, was choosen for his melancholy, as a child I was already very dreamy, and always very reserved and melancholic, like this song. « Ecole Créole » album had to start with something very personal, with this music box that I always had and with all the memories, pleasant and sometimes painfull that accompany it.

Ecole Creole

La Tchipie : Morceau choisi: Elle donne.

Nous sommes toujours portés par ton souffle… mais là l’univers est beaucoup plus sexuel. Alors dis moi, cette femme qui donne, elle donne bien ? (sourire).

Plus sérieusement, j’ai écouté ce morceau un nombre inconséquent de fois. Comment pourrais-tu qualifier la relation entre l’inconnu (toi?) et la « Reine de Saba » dans ce morceau ? Femme aux actes inconséquents et homme opportuniste ? Ou homme surpris par cette femme libre ?

Track of my choice : Elle donne ( ndlr : She gives herself)

We are still carried by your breath … but for this song, the universe sounds more sexual. So tell me, this woman who gives, she gives it good? (smile). More seriously, I listened to this track a lot of time. How would you describe the relationship between the unknown (you?) And the « Queen of Sheba » in this song? A Woman with inconsistent acts  and an opportunistic man? Or a man surprised by this free woman?

Erik Pédurand : L’homme dans cette chanson est assez déstabilisé par le naturel libre de cette femme. Dès lors qu’une femme n’est plus timide et docile, les hommes sont désarçonnés… Je parle de l’expérience délicieuse d’un homme qui admire le spectacle que lui offre cette femme à la fois maître de son jeu, faussement naïve et profondément narcissique…

La relation entre l’homme (moi) et l’inconnue, c’est simple, elle vient quand elle veut, elle s’offre, se donne en spectacle, s’amuse de mon regard, reste dormir… aussi longtemps qu’elle le veut sans se soucier de mon avis, ce qui me fascine profondément.

Pourquoi reine de Saba? Parce que La reine de Saba est parfois décrite comme une femme sublime d’une profonde sagesse et d’une haute intelligence…Parfois comme une magicienne tentatrice…

The man in this song is quite destabilized by the free nature of this woman. Since a woman is not shy and docile, men are baffled … I’m talking about the delicious experience of a man who admires the show offered by this woman, woman master of the game, falsely innocent and profoundly narcissistic…

The relationship between the man (I) and the unknown woman, it’s simple, she comes when she wants, she gives herself, puts her on show, stay sleep overnight… How long she wants,  without worrying about what I think, what fascinates me deeply. Why Queen of Sheba? Because the queen of Sheba is sometimes described as a sublime woman of profound wisdom and high intelligence… Sometimes as a magician temptress …

Elle donne-Erik

La Tchipie : Morceau choisi : Raché.

En écoutant ce morceau, je me suis laissée dire que ce bel homme que tu es, nous chante souvent des relations conflictuelles avec les femmes.

Des deux, qu’est-ce qui t’inspire le plus : le bonheur ou la douleur ? Et les émotions que tu nous chantes, plutôt à chaud ou analysées, pesées et chantées avec du recul?

Track of my choice : Raché. Listening to this song, I told myself that the handsome guy you are, often sing conflicting relationships with women. What inspires you most: happiness or pain? And what about the emotions you sing us : hot or analyzed ?

Erik Pédurand : Je chante toujours avec beaucoup de recul… (merci pour le compliment). Il est vrai que j’ai un faible pour les relations passionnelles même si celles-ci finissent en général, très mal… mais j’aime saisir au passage la beauté d’une passion dévorante et destructrice. Raché parle avec pudeur et nostalgie d’une relation passée… comme on caresse une cicatrice encore douloureuse…

I always sing with detachment … (thank you for the compliment) It is true that I have a weakness for the passionate relationship even though they usually end up very badly… but I like to get hold of the beauty of a consuming and destructive passion. « Raché » speaks about a relationship from the past with modesty and nostalgia… as we caress a painful scar …

La Tchipie : Morceaux choisis : Little Bitch et Congo.

Sonorités surprises et agréables. Empreintes africaines. Mélange des langues. Retour d’Elisa. Qu’en est-il de ta relation avec l’Afrique ? En quoi t’influence-t’elle dans ton art ? Et surtout y partiras-tu t’y faire connaître musicalement ?

Track of my choice : Little Bitch and Congo. Surprised and pleasant tones. African prints. Mixture of languages. Come back of Elisa. What about your relationship with Africa? What are influences of Africa in your art? And will you plan to go there for they know the artist you are?

Erik Pédurand : J’ai très envie d’y aller, pour d’abord découvrir ses paysages, et sa dure réalité. Les sonorités africaines dans « Ecole créole » sont venues naturellement, aux détours de festivals de musique du monde, je suis tombé amoureux de la vibration de certains artistes du Mali, de Congo Brazza et de la RDC, des endroits que je rêve de connaître. Pour le moment, je me contente modestement de construire des ponts de fortune avec la musique…

Little bitch, c’est une rumba un peu à ma sauce, avec des paroles très « parental advisory », mais toujours second degré… l’air de ne pas y toucher.

I really want to go there, first, to discover its landscapes and its hard reality. The African tones in « Ecole Creole » came naturally, with festivals of world music, I fell in love with the vibrations of certain artists from Mali, Congo Brazzaville and the Democratic Republic of Congo, places I dream to know. For the moment, I’m just trying to build a modest bridge with music … Little bitch, this is a little rumba to my sauce, with  « parental advisory » words, but still with second-degree … with this air of not touching.

La Tchipie : Et en quoi Elisa a-t-elle joué un rôle clé dans cette relation Afrique-Antilles?

And what about the key role played by Elisa in this African-Caribbean relationship ?

Erik Pédurand : Elisa vient effectivement du Congo Brazza et a pratiquement grandi au coeur de la guerre civile qui a duré de 1997 à 1999, elle est arrivée en Guadeloupe à 13 ans adoptée par un proche de la famille… nous sommes allés au collège ensemble puis au lycée… j’ai toujours eu une fascination pour Élisa.

Elisa comes from Congo Brazzaville and grew up in the heart of the civil war which from 1997 to 1999, she arrived in Guadeloupe at 13 and was adopted by a friend of my family… We went to college together and in high school … I’ve always had a certain fascination for Elisa.

Little bitch-Erik

La Tchipie : Morceau choisi : Met mo.

Très touchant. Très agréable. Très doux.

Elle donne… Elle doit « mettre ses mots sur ta peau ». J’ai eu le sentiment que tu étais plus observateur qu’acteur… Et toi, que fais-tu ? Dans la vie, attends-tu que les choses, que les femmes, que la vie viennent à toi ? Où es-tu du genre à foncer ? A décrocher la lune coûte que coûte ?

Track of my choice : Met mo.

Very touching. Very pleasant. Very soft. Elle donne (she gives herself) … She « put her words on your skin. » I felt that you were more observant than actor … And you, what are you doing ? In life, are you waiting for things, women and life come to you? Or do you  prefer go ahead ? Get the moon whatever the cost ?

Erik Pédurand : Je suis d’un naturel observateur, et je deviens acteur au moment opportun. Un peu comme une plante carnivore qui attend longuement avant de dévorer sa proie. ah ah.

Met Mo c’est l’apologie de la communication dans le couple, mets tes « maux » sur ma peau, en somme pose tes lèvres sur moi, fais moi confiance, dis moi tout.

I’m a natural observer, and I become an actor at the right time. Like a carnivorous plant waiting long time before devouring its prey. ah ah. « Met Mo » it is the glorification of the communication in the couple, put your « pain » on my skin, in fact lay your lips on me, trust me, tell me everything.

La Tchipie : D’ailleurs en parlant de vie. Où te vois-tu artistiquement dans 10 ans ? Quels pays parcourus ? Quelles rencontres clés gardées ?

So, we are speaking about your life. Where do you see yourself artistically in 10 years? Which country covered? What key relationships kept ?

Erik Pédurand : C’est une belle question mais dans la vie que j’ai choisie, le grand aléa est maître du jeu. J’espère simplement avoir ce que j’ai déjà fois mille, c’est à dire un public qui m’apprécie, l’envie de bien faire et des gigs un peu partout.

This is a good question but in the life I have chosen, the great hazard is master of the game.  I just hope that have what I already have thousand times:  an audience that appreciates me, the desire to do the things well and gigs everywhere.

La Tchipie :  La phrase positive qui te fait battre le coeur ?

A Positive sentence which is making you heart beat?

Erik Pédurand : La douleur c’est la faiblesse qui quitte ton corps. (phrase que m’a sorti mon coach sportif)

Pain is weakness leaving your body. (sentence from my sport coach)

pawol an nou_Erik

La Tchipie :  La chose la plus folle qui te soit arrivée depuis que tu as commencé ta carrière artistique ? Et la chose la plus folle qui te soit arrivée avec une fan ?

The craziest thing that happened to you since you started your artistic career? And the craziest thing that happened to you with a fan?

Erik Pédurand :  La chose la plus folle qui me soit arrivé c’était de remettre en 2012 un trophée avec Noémie Lenoir aux TAAC ( Trophées des Arts Afro-Caribéens), j’ai juste oublié mon nom et perdu 100 points de QI…

Et avec une fan, je crois que c’était une fois où une femme du public m’a demandé devant son homme de lui signer la poitrine… Vous comprendrez ma gêne. Je l’ai quand même signée…

The craziest thing that ever happened to me was to give an Award in 2012, with  Noémie Lenoir at the TAAC ( Afro-Caribbean Art Awards), I just forgot my name and lost 100 IQ points… And with a fan, I think it was when a woman in the audience asked me to sign her breast in front of her man…. You understand my discomfort. I signed no matter what …

Erik_Here is my heart

La Tchipie :  Bien évidemment nous sommes des Tchipies alors nous sommes curieuses : Entre faire l’amour à Paris, faire l’amour en Martinique ou en Guadeloupe, tu choisis où ? Et surtout, sur quelle musique de doussinage ?

Of course, we are Tchipies so we are curious.  Where do you prefer making love : Paris, Martinique or Guadeloupe ? And most of all, what kind of music for have a good sex time?

Erik Pédurand :  Faire l’amour en Guadeloupe ou en Martinique c’est le must, il fait chaud, on peut laisser toutes les fenêtres ouvertes avec une légère brise de fin de journée. Je suis délicat dans le choix de la musique, il faut absolument que ce soit sans paroles… je choisirais du jazz ou du deep electro, un truc qui met en transe.

Making love in Guadeloupe or Martinique is the must, the weather is hot, you can leave all the windows open with a light breeze on the afternoon. I am sensitive for the choice of music, so it is imperative that it is without words … I  would choose jazz or electro deep, something that puts in trance.

La Tchipie :  Si tu avais un conseil à donner aux femmes, quel serait-il ?

If you had any advice for women, what would it be?

Erik Pédurand :  Beaucoup de femmes noires indépendantes ont beaucoup de mal à trouver un compagnon qui sache s’adapter à leur mode de vie. Si j’avais un conseil à donner à ma propre fille (si j’en avais une) c’est d’être bien consciente que certains hommes se sentent  un brin émasculés par le leadership d’une femme, il suffit juste d’être un peu plus patientes avec eux… il devraient vite relever le défi.

Many independent black women are struggling to find a mate who can adapt to their lifestyle. If I had any advice to give to my daughter (if I had one) is to be well aware that some men feel a bit emasculated by the leadership of a woman, you just have to be a little more patient with them … they should quickly take up the challenge.

(Cliquez sur l’image pour télécharger l’album)

Erik-bandeau

Un Grand Merci à Erik pour ce partage !

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