« Madame l’Antillaise, si vous êtes tuée, j’accuse votre infidélité. »

« Madame l’Antillaise, si vous êtes tuée, j’accuse votre infidélité. »

Il était une fois, une fois de trop, une femme tuée par un homme fou. Cet homme était, comme trop souvent pour les femmes tuées, son compagnon, son mari, l’homme qu’un jour elle avait aimé.

Cet homme fou, un jour tua sa femme.
Avait-il programmé ce jour ?
Avait-il prié avant de tuer sa femme ?
S’était-il confié à Dieu avant de s’enfuir?
Demandait-il à l’Esprit-Saint de guider sa route pour qu’on ne le rattrape pas ?

Nul ne saura jamais.
Toujours est-il, que ce tueur avait agi.
Les Antilles pleuraient. Pleuraient leurs morts, pleuraient les enfants, se pleuraient elles-mêmes, devant toute cette violence, incompréhensible.

Les politiques ne se faisaient guerre entendre. Ils faisaient mieux vivre de se battre pour #lemariagepourtous… la #securitepourtous n’était pas un sujet assez rassembleur selon eux, assez glamour, assez… socialement rassemblant.
Finalement, s’ils manquaient de sécurité, ces Antillais, c’est parce qu’ils étaient un peu sauvages, non ?
N’était-ce pas un doux héritage de leur nature profonde ? Cette nature même qui les avait réduit à l’état de meubles et de bêtes et avait été utilisée pour justifier l’esclavage ? Cette sauvagerie, base du féminicide antillais ?

Comment l’état, pouvait-il se permettre d’aller à l’encontre de la nature de ces gens… Non, vraiment, il valait mieux ne rien dire, et laisser des femmes, des enfants, des familles, se faire tuer, bousiller, péter, détruire, exploser à coup de fusil à pompe.

Pendant qu’une certaine classe politicienne mettait ça sur le dos de la « sauvagerie des antillais », et se lavait les mains de tout ça… d’autres cherchaient des réponses… et en trouvaient, non pas des, mais UNE.
UNE même réponse face à cette question : « Mais pourquoi cet homme a–il tué ? »
Ne la connaissez-vous pas ?
Détendez-vous, écoutez bien…
C’est la faute… de la femme antillaise… mais, oui, vous savez, la femme tuée… elle était surement infidèle voyons…
Cette petite supposition était soufflée sur tous les réseaux sociaux, dans les repas en famille et même supposée par les médias à grand rayonnement …

Il paraît même que cette supposition était relayée par beaucoup de médias…

Femme tuée PBK

Ce qu’il y avait de plus étonnant dans ces histoires… C’est qu’à chaque meurtre de femme, qu’à chaque horreur d’un homme-fou envers son épouse, on avait la même réponse d’hommes et de femmes réunis dans un même persiflage…

« ca ne peut-être que la faute de la femme voyons…Une femme méritait quand même d’être tué par son mari. »

Comment ça je fais du mauvais esprit ?

Si, si, je vous l’assure, c’est à croire qu’il y avait toujours une raison pour qu’une femme mérite d’être tuée par son mari… Car les premières phrases émises n’était jamais « un homme est devenu fou et a causé un crime envers une femme, une famille »… On ne demandait pas le « pardon à la Guadeloupe » comme on a pu le demander pour une jeune femme ayant été prise dans une vidéo porno…
Le pardon à la Guadeloupe, mais pourquoi ?

On ne supposait jamais la folie, la décadence, l’horreur d’un prédateur, d’un tueur de femme, non…
Juste une femme, décadente, qui avait été corrigée.

Comme beaucoup de femmes antillaises aujourd’hui, dont les tombes qui fleuries à leur enterrement, ne le même plus comme avant.

Ainsi était-il une fois, une fois de trop, la faute des femmes Antillaises.

Et non la folie meurtrière, des prédateurs des femmes Antillaises.