Il était une fois la princesse qui se sentait coupable.

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Il était une fois, une princesse, sans prince.

Elle avait le royaume, la couronne, une fortune personnelle lui permettant de s’occuper de son château… bref, c’était une princesse moderne à la recherche de l’amour.

Un jour, elle tomba sur un homme.
Deviendra-t-il mon prince ?

A peine avait-elle le temps de se poser cette question, que le prince qu’elle connaissait à peine, lui dit : « oui, viens dans ma vie, je suis peut être le bon, viens, ne nous prenons pas la tête, viens…  »

La princesse sans prince sa lança dans l’aventure…

Le prince lui proposa de découvrir son royaume… Et les pièces de son château…

Les premiers temps, la princesse découvrit la pièce du « tout nouveau, tout beau »

C’était une pièce magnifique, où la princesse mangeait de bonnes choses,  recevait beaucoup de câlins, faisait l’amour…
Comment ça les princesses ne font pas l’amour ?
Bien sûr que oui : dans les contes où l’hypocrisie n’est pas maître du jeu,  les princesses font l’amour, qu’on se le dise.L’homme la complimentait (peut être qu’il mentait juste) lui répéta à quel point ses courbes, ses fesses et sont sourire étaient magiques…

Bref, la princesse était agréablement surprise…

Elle visita la pièce du « tout beau tout nouveau » quelques temps… mais cette princesse n’avait jamais été fan du « tout beau tout nouveau ». C’était une princesse plutôt adepte de la pièce: « authenticité, oui, je le veux. »

Alors, sans le signifier, elle se mit à observer l’homme, en détails.

Elle se rendit compte que l’homme n’avait pas vraiment de gestes tendres en public, que son visage devenait plutôt froid. Elle se rendit compte… Que le prince coupait la sonnerie de son portable quand il était avec elle, elle se rendit compte, par hasard, que l’homme recevait des messages de femmes lui disant qu’elles n’ont plus de nouvelles de lui…

L’homme lui demandait souvent : As tu quelqu’un dans ta vie ?
La princesse lui répondit la vérité, comme elle l’avait toujours fait : non, tu es le seul.

Pourquoi cette question revenait-elle ?
La princesse devait-elle aller jusqu’à ouvrir ses veines pour que le prince la croit ?

Elle commençait à voir le vrai lui. Elle resta patiente.

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Du jour au lendemain, la princesse bascula dans la pièce : « jeux de feu, jeux de faux »

Elle se rendit aussi compte que l’homme marchait souvent loin devant elle, alors qu’ils se balladait à deux, ne se retournait jamais pour voir si elle était là.  Elle n’était pas une chienne en laisse.
Il la croyait acquise… ou sur le chemin de l’être.

Elle se rendit compte que l’homme jouait sur ce qu’il croyait être des attentes de femmes : Quand ils faisaient l’amour, dans le feu de l’action, il était déjà arrivé à l’homme de dire à la princesse « imagine que je suis ton mari »…. La princesse trouvait cette idée opressante, et son vagin se refermait sec.
La princesse voulait un prince, un gentleman, un homme qui respecte les femmes, qui se fait respecter des autres. Voilà ce qui lui plaisait. Non pas une alliance pour la faire jouir.

Depuis quand penser à une alliance faisait mouiller  ?

La princesse garda la tête froide, et découvrit « la pièce de Barbe-Bleue »…

C’était une pièce que l’homme détestait montrer… Elle révélait son niveau de prédation. A cacher, si on veut que la princesse idéalise l’homme qu’elle fréquente.

Le soir où la princesse découvrit la pièce de Barbe-bleue, l’homme était nerveux. Agité. Il s’était remis à fumer. Et pourtant disait qu’il était à un des meilkeurs moments de sa vie. La princesse sentait que quelque chose se passait…

L’homme la toucha à peine, ne fit presque pas l’amour avec elle. Il est vrai que la princesse était fatiguée, et qu’elle avait envie que l’homme se couche juste à ses côtés… mais l’homme ne l’entendait pas de cette façon. Il commença à devenir froid, et à répondre par des « mmmh… mmmhh »

Elle le questionna : Que se passe-t-il ? Pourquoi tu ne me parles pas ? La princesse répéta le prénom de l’homme une bonbe dizaine de fois, il ne répondait pas, fixait l’écran de son ordinateur…
La princesse ne se démontait pas. Elle continua à le questionner.

L’homme finit par s’approcher d’elle, et lui fourra son sexe dans la bouche. L’homme avait un goût… de bouffe, un goût de… un goût de Thon.
Un goût de thon en boîte.

Hallucinant.

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La princesse ôta le sexe de l’homme de sa bouche et lui fit remarquer le goût désagréable qu’il avait… l’homme ne dit rien… alla se laver…
La princesse ne se démontait pas. Elle l’interrogea sur ce goût de bouffe… « As-tu mangé quelque chose? » Pas de répnse.
« As-tu trempé ton sexe dans une boîte de thon…?  » Pas de réponse.
« As-tu trempé ton sexe dans une boîte de bouffe dégueulasse pour me punir de ne pas avoir baisé avec toi ? »

La princesse était une princesse qui ne se démontait pas.

L’homme prit du temps avant de lui dire : non…

La princesse sentait le vent tourner. Nimporte qui de « normal »aurait dit « tu racontes n’importe quoi ! », ou, « j’ai mangé quelque chose et j’ai dû me toucher le sexe…  »
Mais celui là se contentait, de ne rien dire… et d’aller se laver.

La princesse en était même à se demander si cet homme n’était pas boulimique… ou s’il n’était pas allé se faire sucer par une pute de la rue d’à côté qui venait de manger du thon… Après tout, serait-il le premier homme à jouer avec les extrêmes ?

La nuit reprit. Elle se rendormit avec une incompréhension de ce qui se passait dans cet endroit… puis se réveilla… et découvrit que l’homme avait quitté la pièce pendant qu’elle dormait. Il s’était barré en pleine nuit. La princesse le vit rentrer et lui demanda si ça va…

L’homme était bizarre. Sentait la cigarette. Il répondit à peine…

La nuit reprit. L’homme redevenait tendre, s’approcha d’elle, l’embrassa, puis essaya de lui refaire l’amour, quand la princesse lui dit « non, ne me pénètre pas maintenant »

La princesse était libre dans sa sexualité et avait quand même le droit de savoir si oui ou non son corps était prêt.

L’homme se vexa.
Se coucha, et ne pipa mot.

La princesse ne se démontait pas. Que se passe-t-il ?

Pas de réponse.
Pourquoi cette colère ? Pas de réponse.

La princesse frappa l’homme. Cria son nom. Pas de réponse.
Elle décida… de faire mine de se fâcher, et donna la dos à l’homme :  » Puisque tu le prends comme ça… »

L’homme alors réagit : Voilà, c’est comme ça que je te préfère, quand tu fermes ta grande gueule…

La princesse vit volte-face : t’es vraiment un sale con !

L’homme ne répondit pas. La princesse ne se démontait pas  et répéta « t’es vraiment qu’un sale con ! »

L’homme devint nerveux, son jouait du moment n’avait plus envie de jouer. Alors, il prit une posture particulière, celle du toupet : Je n’ai rien dit depuis tout à l’heure, c’est toi qui parle sans arrêt, c’est toi qui n’arrête paq, moi je ne parle pas, je ne dis rien, c’est toi qui parle… tu es complètement tarée ! »

La princesse était surprise sans l’être. Il était temps que ce jeu malsain cesse, et qu’elle n’y laisse aucune plume.

Elle fit alors la femme compréhensive. Et ne pipa mot.
L’homme se radoucit.

6h00 du matin, il décida à nouveau de quitter la maison pour aller fumer. Cette fois ci, la princesse l’accompagna.

L’homme lui dit : Tiens, regarde cet homme là ! Toute la nuit, il a marché dans ses rues…

Et la princesse s’interrogea intérieurement : Comment l’homme pouvait-il savoir ça ? Etait il sorti plus d’une fois, donc ? Et combien de temps avait il fait dehors ?

La princesse interrogea à nouveau l’homme sur son état, ses sorties nocturnes… et là l’homme lui dit qu’il… était… déprimé ! Et que la princesse posait trop de questions, ce qui avait tendance à la déprimer encore plus.
La princesse lui rappela qu’il était normal de s’inquiéter de celui qui ne veut plus coucher avec nous, et qui devient agressif.

La princesse rentra et se remit au lit… emplie de quelque chose… une culpabilité…

La culpabilité n’est pas toujours une bonne conseillère.Avant de foncer tête baissée, et de nous battre contre ce sentiment désagréable, posons-nous les bonnes questions… Qui me fait me sentir coupable ? Depuis quand ? Est ce que ce sentiment transforme ma facon de fonctionner ? Ai-je le sentiment de grandir en changeant de la sorte ? Ou au contraire, ai-je le sentiment de tricher avec moi-même ?Ai-je agi de la façon la plus authentique et la plus saine pour moi ? Ai-je ce désir de liberté, d’oxygene, qui me manque ? Mais est ce que la culpabilité ou le regard coupable de l’entourage me force à rester dans une situation intenable, épuisante ou nerveuse ?Où est ce que je me sens la plus libre d’être moi-même ? De parler, de m’exprimer, de rire… ? Quand bien meme certaines choses vont bien… n’ai-je pas le sentiment que quelque chose de pire bouillonne ?

La princesse se sentait coupable de ne pas s’écouter elle-même.

La princesse s’endormit à côté de l’homme en se parlanr à elle-meme:  » alors que je m’inquiétais, et qu’il refusait de m’expliquer pourquoi il était nerveux et agressif, quittait la maison en pleine nuit, pendant que je dormais… J’ai fini par le questionner sur son attitude, et il m’a alors dit : » les meilleurs moments où je te préfère, c’est quand tu fermes ta gueule… »

Une fois réveillée, la princesse entendait une voix au fond d’elle meme qui lui dit  » prends la porte ! »

La princesse sorti du lit. Observa l’homme. Il se réveilla et ne se rendit pas compte que la princesse était dans son dos, l’observant. Il vit que la princesse ne dormait plus à coté de lui, regarda la place, mais n’eut aucun sursaut. Aucun « Princesse où es-tu ? ». Il se rendormit, peinard.

La princesse ne se démontait pas, et commença à ranger toutes affaires, récupéra tous ses préservatifs, pris sa valise, ses vêtements…

Puis s’arrêta d’un coup sec : elle vit cet appareil photo posé sur l’étagère de l’homme… l’alluma… et découvrit le corps d’une superbe femme noire.

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Elle fit défilé chacune des photos, et vit que cette femme avait dormi dans le même lit qu’elle, dans les mèmes positions qu’elle… L’homme apparaissait aussi sur les photos… Les photos étaient récentes… peut être que cet homme baisait toujours la jeune femme nue des photos ?

Elle se rappela aussi que l’homme lui avait dit : « je n’ai pas de photos de femmes nues dans mes affaires, je n’ai pas ce genre de choses, je ne fais pas ca ». Ce à quoi la princesse avait répondu « C’est étonnant »… et pensa: « c’est étonnant pour un homme qui aime autant le sexe, de ne pas avoir une seule photo d’une nana sexy bien gaulée dans ses affaires…  »

La princesse rangea l’appareil photo, après tout, ce n’était plus ses affaires.

Elle ouvrit la porte de la maison, déposa ses sacs les uns derriere les autres.

Appela un taxi et foutu le camp. Dans les 10 minutes.

Elle était libre. Libre de sa culpabilité, de cette voix qui lui disait « ne lui dit pas ca, sinon tu vas le fâcher… »Ah bon, je vais le fâcher ? Et après ? pensa la princesse.

Depuis quand faut-il être gentille avec les monstres de la colere ?
Notre gentillesse les nourrit, leur donne une force pour que leur animalité briseuse de couilles continuent à s’exprimer… notre gentillesse face à eux nous met en danger, nous pousse à donner notre âme, à qui ne devrait meme plus pouvoir respirer à coté de nous.

Si nous nous sentons moins libre : retenons que nous sommes la solution.

Et Franchissons cette putain de porte.

L’homme rappela la princesse, lui dit qu’il ne se souvenait de rien, et qu’il souhaitait savoir pourquoi elle était partie…

La mémoire des innocents est soit sélective, soit oublieuse…

C’en est touchant.

Dédicace à toutes les princesses, en basket, en talons, en 4×4, à vélos ou à pieds.

Dedicace à toutes celles qui ont franchit cette putain de porte. A toutes celles qui doutent encore.

La solution est nous-même.

Bon dimanche !

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