Désir d’enfant… Témoignage #2

Un appel à témoignage à été lancé sur facebook il y a quelques semaines sur le désir d’enfant.

Trois femmes se sont confiées et ont raconté leur parcours.

Merci à chacune d’elle.

La Tchipie
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Hello Tchipie,

J’ai vu ton appel à témoignage concernant le désir d’enfant…et… j’ai ressenti le besoin d’écrire, et de me confier un peu. Ce que je fais rarement sur cet aspect de ma vie.

Ma chère Tchipie, je tape ces quelques lignes avec les larmes aux bord des yeux, en pensant à ce que je vais dévoilée dans ce récit…

Je suis ce que l’on appelle « une fille MRKH ». MRKH ?? Qu’est ce que c’est ??? Et bien il s’agit du syndrome de Mayer-Rokitansky-Kuster-Hauser. C’est une malformation rare (environ 1 naissance sur 4500), et peu connue, même dans le milieu médical. C’est une absence d’utérus, avec un vagin peu ou pas développé, mais les ovaires et les trompes sont là.

Personne ne peut savoir que l’on n’a ce problème. J’ai découvert que j’avais cette malformation, comme la plupart des filles MRKH en fait…c’est ma mère qui pendant mon adolescence s’est inquiété de voir qu’à 16 ans je n’étais toujours pas réglée. Nous sommes allés consulté, et après examen, le couperet tombe : MRKH…

Nouvelle annoncée avec froideur et indifférence.

Apprendre à 16 ans, que l’on ne pourra jamais donner la vie, même si je n’y avais jamais vraiment pensé avant, c’est dur….extrêmement dur. Je me rappelle avoir pleurer non stop pendant longtemps…très longtemps…et j’en pleure encore aujourd’hui 9 ans après..

Alors fatalement, la question légitime que l’on se pose, c’est pourquoi moi ?

A cet âge, je n’étais pas encore active sexuellement ; mais très vite on m’a parlé d’opération, afin de reconstituer ce vagin manquant, et de dilatations. Ne me sentant pas encore prête, je n’ai rien fait, la peur aidant.

A 17 ans, mon premier amour. Il a été très compréhensible, et doux, et m’a aidée à retrouver un peu de confiance en moi. Avec son aide, et son amour, je me suis constituée un vagin, sans opération, ni dilatations.

Aujourd’hui nous ne sommes plus ensemble, ni même en contact, mais je ne le remercierais jamais assez pour ce qu’il m’a apporté.

Le chemin a été long et dur, mais aujourd’hui j’ai une vie sexuelle épanouie.

Pourquoi je raconte tout ça me diras tu ??

Parce que malgré cela, l’impression de ne pas être une femme à part entière, est là. Peu de gens sont au courant de ma malformation. Et quand je suis avec mes copines, et que la conversation dérive sur la maternité, et tout ce qui l’entoure, mal à l’aise je reste toujours silencieuse. C’est la même chose, quand elles se mettent à parler de leurs menstruations, et de tous les problèmes liés.

Mon problème, je n’en parle jamais, car plus que la gêne, je ressens de la honte…oui la honte d’être différente.

Je ne suis pas entrain de dire qu’être une femme se résume à avoir des enfants, loin de la… mais jusqu’à maintenant j’ai toujours entendu dire que donner la vie, est la plus belle chose qui soit…..

Alors autant dire que je me pose énormément de questions.

Evidemment l’adoption est une option. Mais ce dire que de toute façon que l’on n’a pas le choix, n’a pas le même impact.

Aujourd’hui, j’essaie de construire ma vie de femme, et de changer le regard que je porte sur moi comme je le peux, en essayant de ne pas me sentir déguisée quand je fais l’effort d’être en robe/talons/maquillée/coiffée pour une soirée par exemple.

Le chemin est long mais ça viendra….

Bien à toi,

Signé la fille sans utérus.

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