« Je suis un bon antillais et je pense qu’il est normal de tuer sa femme. Ca vous dérange ? »

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A la délicieuse rubrique « faits divers », se classera un nouveau meurtre de femme.

Voici les faits tels que rapportés :

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Nous avons un taux record de féminicide en Guadeloupe et en Martinique. Ce qui me tue, et me donne envie d’exploser l’écran de mon ordinateur, c’est quand je lis les commentaires pleins de bons relents d’Amour nauséabond :

« Ne jugeons pas ».

Ne jugeons pas ki sa ?

Nous ne jugeons pas ! Nous nous indignons ! L’amour des assassins n’est pas quelque chose que je prodiguerai à mon entourage.

« il a perdu son travail ».

Ah mais bien sûr ! Ca justifie sa violence et le fait qu’une famille perde une de ses filles. Mais oui, le travail d’un homme… la vie d’une femme… deux poids, deux mesures.

Que se passe-t-il dans la tête de ces hommes et de ces femmes, qui battent leurs femmes, et en arrivent… à les tuer et à tuer leurs enfants ?

  • « Je suis un bon antillais, et je pense qu’il est normal de violenter une femme. Ca vous dérange ? »
  • « Je suis un bon antillais, et je pense qu’il est normal de tuer sa femme. Ca vous dérange ? »
  • « Je suis un bon antillais, et je pense qu’il est normal de faire honte à une femme en public, je pense qu’il est normal de la corriger; avec des coups de poings, des casseroles an djol ay, des insultes. Ca vous dérange ? »
  • « Je suis un bon antillais, et je pense qu’il est normal de laisser les hommes mépriser leurs femmes. Ca vous dérange ? »
  •  » Je suis un bon antillais, et je pense qu’il est normal de faire l’amour quand moi j’en ai envie. Ca vous dérange qu’elle n’ait pas envie ? »
  • « Je suis un bon antillais, je ne respecte pas les femmes. Et je sais que beaucoup d’hommes sont d’accord avec moi. Ca vous dérange ? »

Cette violence bien ancrée en nous ,

Cette violence que nous reproduisons devant nos fils et nos filles,

Cette violence que nous tolérons, quand nous voyons nos filles, nos mères, nos soeurs, nos tantes, nos voisines se faire défoncer avec des insultes, des coups, est une violence qui se développe grâce à nous : nous sommes complices dans le silence des exactions faites aux femmes et à certains hommes.

Nous sommes complices lorsque nous fermons les yeux, que nous disons que ça ne nous regarde pas.

Nous sommes complices quand nous remettons dans la main de Dieu, celui qui devrait être remis dans la main de la justice.

Nous sommes complices quand nous élevons nos fils dans la plus grande liberté et que nous élevons nos filles comme des femmes soumises à la parole de l’homme.

Nous sommes complices quand nous laissons les prêtres nous dire « Femmes, soyez soumises à vos maris ». Ces hommes devraient avoir honte de prêcher l’une des paroles de la bible qui empêche certaines femmes de relever la tête alors qu’elles se font souiller.

Nous sommes complices dans notre silence.

Ca vous dérange ?

fia2

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