Les ronds-points ruinent l’industrie locale de la Martinique (Méditation du carême , Acte 1)

saint lucia

Quand j’étais petite, ma mère manquait de nous tuer environ une fois par semaine au volant. Attention aux artistes de l’humour douteux avec le « femme au volant… ». Non, le problème venait de la croisée des routes. Il y avait souvent, à la croisée un sachet rempli par une poule sans tête, un balai, une bouteille dans un sachet. Et généralement, du sang s’écoulant du dit sachet.

Ma mère avait pour habitude de 1, essayer de ralentir, 2 gueuler, 3 me dire de ne pas regarder.

Mais regarder quoi ? Le kimbwa.

Car oui, de toutes évidences, le sachet ensanglanté était le résultat de ce quelque chose de magique et maléfique, demandé par quelqu’un… de désespéré (mais volontaire !), semblait-il.

Depuis, la croisée a été remplacé par un rond-point. Ma mère ne fait plus de  coup de volant, il n’y a plus de kimbwa possible… Et souvent je me demande si l’apparition des ronds-points ne ruine pas l’industrie locale de la kimbwoiserie et autres magies. Ah oui, parce qu’à 400 euros parfois l’acte du gadé zafè… j’en connais qui s’engraissent sur le malheur des autres.

Je doute que l’INSEE se penche sur le sujet. Par manque de personnel.

Je pense toutefois que les impôts, eux, devraient s’intéresser à ces petits pasteurs du diable, sait-on jamais, la dette de la sécu pourrait être comblée.

Je suis à un carrefour de ma vie, une croisée. Et je n’ai ni poule décapitée, ni balai à y jeter.

Quitte à croire en la magie, je préfère croire à celle de la vie. Celle du hasard, celle des choses qui nous sauvent, au moment où on s’y attend le moins. Celle du culot qui devient une main rédemptrice.

A l’arrache là, quelques histoires « magiques » me reviennent. Certaines ont déjà été publiées, ou écrites. Qu’importe, je travaille sur une qualité des plus agréable de la vieillesse : le radotage des bonnes choses.

  1. Le stage à l’étranger

Ceux qui suivent le blog savent que je l’ai déjà publié cette histoire via facebook. (Merci aux 213 followers qui ont liké !) . Mais elle est si vraie, et pour moi, si significative, que je pense qu’il ne faut pas lâcher.

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J’ai souvent entendu ma mère dire « ceci est un mal pour un bien ». Un jour, une amie m’a « volé » un stage à l’étranger. Elle avait postulé dans la même entreprise que moi, juste après que je lui ai annoncé ma candidature. La femme qui devait choisir entre nous deux était très énervée.
Afin de nous départager, elle décida de nous faire passer un entretien…

Dans le pays du stage! 500 euros minimum le billet d’avion… Mon amie avait son copain qui vivait dans le dit pays. Elle bloqua une donc un rdv sans soucis. Et organisa ses vacances en fonction de son entretien.

Je n’avais rien là-bas, et je savais que la femme ne m’accorderait aucune chance à distance. Je suis sortie hors de la maison. J’ai posé mon fessier et mes pieds dans l’herbe. J’ai regardé l’horizon. J’étais calme…

Et… Une idée me dit… De viser plus haut. Plus haut, un pays plus grand, quelque chose qui me fait vraiment rêver. C’était invraisemblable, et pourtant la seule idée valable après plusieurs mois de recherches. Plusieurs mois à frapper à des portes qui ne s’ouvrent pas. Je me suis donc connectée à YouTube et j’ai cherché une entreprise qui correspondait à mes critères. A l’international. J’ai trouvé une… Qui me faisait rêver et… Qui acceptait uniquement les étudiants parlant français!

J’ai postulé. Avec enthousiasme!

2 semaines plus tard, mon stage était en poche.
2 mois plus tard, le 24 décembre, l’ambassade du dit pays me donna le feu vert pour que je vienne bosser.

Quant au logement… L »une des dames travaillant dans l’entreprise proposait des logements…  Pourquoi avoir visé plus haut? Et pourquoi pas ?

Parfois, un mal arrive pour un bien. À nous de découvrir le cadeau derrière une situation négative.

2. Une fée, que j’ai vu une fois dans ma vie, change ma vie

#quote #inspiration #funnny #pixword #citationJe l’avais rencontrée grâce à un forum. J’aimais sa vibe, sa façon d’écrire, sa positivité. Je suis entrée en contact avec elle, via facebook, et je me suis présentée sous ma vraie identité. Au bout de quelques mois, je l’ai rencontrée : nous nous sommes sérées dans les bras l’une de l’autre. En parallèle de tout ça, ma vie avait besoin d’un nouveau tournant. Un jour, de façon tout à fait irréfléchie, j’ai écrit en statut facebook : « Seigneur, pitié, si seulement j’avais X 000 euros… ». Et devinez qui m’a répondu ?

« Je peux te prêter cette somme si tu le veux, ça me ferait plaisir de t’aider. Tu me rembourseras quand tu pourras. »

J’ai reçu mon prêt le jour de mon anniversaire. Ce prêt a changé ma vie.

Il existe de bonnes personnes sur notre chemin, de celles qui nous aident à remettre nos ailes en place pour continuer à aller de l’avant. Merci à elles.

3. L’ami qui tombe à pic

Ce jour-là, je n’avais rien révisé. Rien de cette matière. J’étais assise, à terre, attendant simplement que l’heure de cet examen arrive. Je me voyais tout simplement recaler mon année, car, j’en avais marre. Un idiot s’est posté devant moi et m’a dit « Ben alors ? T’as l’air abattue ? On se revoit l’année prochaine ? ».

Rictus d’agacement. Je n’avais jamais prévu de refaire une année de plus, et encore moins avec un con pareil. J’ai simplement dit «Mon Dieu, ayez pitié de moi, tout mais pas ça… ». Un ami s’est approché de moi et m’a demandé ce que j’avais révisé. Rien. Rien, je n’avais RIEN révisé.

Il m’a dit texte : « TU DECONNES ! Tiens, révise ça ». Et je me suis retrouvée avec « ça ». Un schéma (alors que j’avais pratiquement une bible à ingurgiter), mais j’ai donné la main à son geste d’amitié, et j’ai appris son « ça ».

Devinez quel était le sujet de l’examen ? Et… devinez qui a eu la meilleure note ?

Il est important de s’entourer de gens qui croient en nous.

 4. Le prof d’anglais qui fait passer un exam en français

Dans la catégorie culot, je demande le prof d’anglais, ou plutôt l’oral d’anglais. Ce jour-là j’avais 4 malheureux textes à connaître et à commenter. Je suis tombée sur un texte qui me plaisait moyen  et je n’avais strictement rien à dire qui m’intéressait moi-même sur le sujet (je crois d’ailleurs que c’est pire que d’ennuyer votre interlocuteur). J’ai donc improvisé… Commencé en anglais… Et parlé en français ! (Culot… culot…)

J’avais envoûté le prof, je lui ai revendu un enthousiasme pour un sujet, le tout avec un beau sourire, de grands geste et un mine impliquée. J’ai eu 13/20, sans lui faire remarquer que j’avais parlé français. J’ai halluciné. Je n’ai jamais compris comment j’ai fait pour passer à travers ça, mais je l’ai fait. Tant mieux, parce que ce texte était vraiment nul.

Le culot paye. 

5. La coupure de courant qui aide à bosser

Ce soir là j’avais besoin de bosser : la nuit serait courte. Je me suis réveillée à 2h du matin, afin d’affronter 4h de travail intensif.

Mon réveil sonne. Il est 2h. Je m’assied au milieu de mon lit. J’allume la lumière. Eclairage, OK.

Je respire.Coupure de courant. Ma tension a chuté. Je me suis demandée si EDF se foutait de ma gueule. Je n’ai pas paniqué.

Un mur te tombe dessus ? Construit un immeuble avec les restes !

Ni une, ni deux, j’ai reprogrammé le réveil pour 3h du matin…

3h du matin, mon réveil sonne. Je m’assied au milieu de mon lit (bis). J’allume la lumière.

Aucun éclairage. Je respire. Je me dis « Et maintenant, qu’est-ce que je dois faire ? C’est quoi le signe ? Le mieux serait quand même que la lumière se rallume, car j’ai dormi une heure, mais faut vraiment que je bosse. »

Et là, magie. La lumière se rallume. Qui sait quel bon ange m’a permis de dormir une heure de plus ce soir là ? (sourire).

Parfois les choses semblent aller contre nous, mais observons bien, la vie nous offre peut-être un break pour faire les choses différemment, mais surtout, de la façon qui nous convient le mieux. A nous d’en voir l’opportunité offerte. Et de la saisir.

6. « Surtout n’y va pas, tu ne seras jamais embauchée » 

Saint Lucia, CARAIBE J’étais trop junior, trop peu expérimentée, trop peu tout. L’outsider pour les chasseurs de tête. Une énième chasseuse de tête me parlait au téléphone d’une boîte que je ne connaissais pas, tout en me conseillant, de ne pas y aller « trop junior pour ce mastodonte ».

J’ai donc fait exactement le contraire que tout ce qu’ils me proposaient : j’ai osé.
J’ai recherché qui de droit pour savoir où postuler, et la candidature est partie.

Devinez qui a décroché son poste contre l’avis des « experts » ?

Osez. N’attendez pas que l’on vous ouvre les portes. Si ça se trouve, c’est vous qui avez la clé. La magie de votre vie est entre vos mains !

7. Le livre qui tombe à pic

A l’époque j’avais un entretien  téléphonique pour une boîte… entretien en anglais (vous vous rappelez du prof d’anglais ?). J’en étais à mon 3ème entretien pour cette boîte.

J’étais désespérée. J’avais mal à la tête. J’ai quitté une réunion pour m’aérer l’esprit et j’ai fini, épuisée, dans une librairie. Je ne pouvais pas me résigner à abandonner, alors que je me trouvais si près de mon but. Comme il m’arrive souvent dans ces moments là, j’ai demandé à ce quelque chose qui fait qu’aucune voiture ne m’a encore roulée dessus, de se manifester, car je n’en pouvais plus.

Je me suis assise au milieu de la librairie…

J’ai posé ma tête sur mes genoux et une idée m’a dit… de regarder sur ma droite.

Figurez-vous qu’il n’y avait que des livres d’anglais ! Sur des entretiens en anglais !

Je me suis dit « Ma fille, si tu ne comprends pas que tu dois réussir cet entretien… »

J’ai quitté la librairie et ai réfléchit à une stratégie. Je me sentais faible physiquement, mais ma combativité était loin d’être affaiblie ! Et voilà qu’une idée me dit de… Placarder mes murs de mes réponses en anglais. Comme de « gros post it » géants. Je m’éviterais ainsi le stress inutile de devoir chercher mes idées. L’invention des speakrines vient de gens comme moi : des membres du collectif anti-stress. Entretien passé avec brio. Poste décroché.

N’abandonnez jamais, tout est possible !

8. Le « NON » qui sauve

Non je ne regrette rien EDITH PIAF #quotes, #citations, #pixword,

En fait, j’en arrive au point 8, et je me rends compte à quel point mon parcours professionnel a été, bizarrement, celui où l’intuition a été l’élément le plus déterminant.
A l’époque, j’avais (encore!) passé un entretien dans une boîte X. J’en étais à ma troisième entrevue. Après avoir bataillé ferme pour que ma candidature passe, je sentais que quelque chose n’allait pas.
Quelque chose me tracassait, quelque chose me disait « non ».
J’ai gardé ce quelque chose de mon côté et… j’en ai parlé à ma mère qui m’a dit « ma fille, je pense la même chose que toi, mais je ne sais pas de quoi il s’agit, mais je pense effectivement que quelque chose ne va pas dans l’entreprise pour laquelle tu as postulé ».

C’était un CDI, un poste que j’envisageais depuis longtemps.

J’ai pris mon courage à deux mains, j’ai appelé la DRH et avant qu’elle me dise le résultat final de tous ces entretiens, je lui ai dit que je ne postulais plus à ce poste.

Silence total. Affolement de la DRH.

Je lui ai expliqué – de façon cartésienne – mon positionnement. Et je suis restée ferme sur mes positions.
20 minutes plus tard la mort dans l’âme, j’ai raccroché. Je me suis dit « Et si tu avais déconné ? ».

10 minutes plus tard – et je vous dis 10, pour ne pas vous dire 5 -, la boîte où on était censé ne jamais m’embaucher (cf. point 6), m’appelait pour un entretien.

1. Osez

2. Ecoutez-vous.

3. Revenez au point 1 > Osez.

Bilan de cette méditation du carême, Acte 1 :

J’ai d’autres histoires à raconter, mais je les garde pour après. Tous ces gens – kimbwaserie et cnie –  que certains continuent à engraisser, nous empêche de nous écouter et de nous faire confiance. Dans le fond, la seule magie qui compte, c’est celle que vous créez avec votre volonté, votre créativité, votre joie de vivre, votre capacité à croire au meilleur, à croire en vous, à tendre la main et à accepter les mains tendues.

Tout le reste ? Futilité et argent dépensé.

Prenez soin de vous,

La Tchipie