Comment paye-t-on la faute de ses ancêtres ?

Vintage Black Family

Nos discussions sur la violence, les coups de ceinture donnés aux enfants et l’esclavage nous ont amenés à poser la question de « transmission par le sang » de cette violence (cf. commentaires facebook). Ce terme m’a fait sourire, car il existe effectivement, une transmission, qui n’est pas dite « par le sang » mais qui évoque bien cette notion de lien et de famille… La psychogénéalogie nous parle.

« La psychogénéalogie explore les empreintes laissées par nos aïeux sur notre psychisme. Elle étudie l’influence du milieu et de l’histoire familiale sur le comportement d’un individu, à travers les phénomènes, attestés par nombre de psychanalystes, de la «répétition» ou de la «reproduction». Cette méthode d’investigation historique consiste à rechercher dans le vécu de nos ascendants les sources de nos troubles psychologiques, de nos maladies etc…
Les praticiens en psychogénéalogie considèrent que l’inconscient de chaque individu est constitué du vécu de ses parents, grands-parents et de ses ancêtres plus éloignés, qu’il recèle des cryptes habitées par des «fantômes», c’est à dires des secrets inavouables, non verbalisés, des non-dits, qui se transmettent d’un inconscient à l’autre à travers les générations.

La psychogénéalogie postule l’existence d’un inconscient familial et groupal, vecteur de la transmission transgénérationnelle. Le fantôme est le travail dans l’inconscient du secret ténébreux d’un autre (inceste, viol, abus d’un enfant, crime …). Sa loi disent les psychologues est «obligation de nescience».

Les descendants ne peuvent pas échapper à cette loi qui les oblige à payer pour les fautes, les erreurs, les crimes, les traumatismes de leurs ancêtres. Du fait de cette solidarité des événements du passé peuvent retentir durablement, comme l’explique encore Anne Ancelin Schutzenberger.

« La psychogénéalogie part d’un postulat simple : chaque individu n’est qu’un maillon d’une longue chaîne. Elle fait le parallèle entre le vécu mental des générations passées et les troubles actuels en s’appuyant sur les recherches généalogiques des ascendants directs mais également en attribuant une importance à la fratrie. La transmission n’est pas que la reproduction.

Cette transmission parfois consciente et souvent inconsciente (à l’insu de ceux qui transmettent et de ceux qui reçoivent) ou cachée traverse les générations et peut se manifester par des choix ou des conduites qui interrogent les intéressés ou leur entourage, ou des pathologies, plus ou moins graves, allant de troubles fonctionnels à la psychose.

Françoise Dolto disait qu’il fallait trois générations pour « faire » un psychotique ». (lire l’article intégral)

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