Du singe… et de la banane (Ces invitations joyeuses au génocide)

13 Most Racist Things At The Jim Crow Museum Of Racist Memorabilia

Lors du génocide du Rwanda, les appels au meurtre se faisaient en traitant joyeusement l’autre « d’insecte », de « ravet », à éliminer. On connaît le résultat : succès immédiat. Génocide réussi.

L’autre était déshumanisé, un animal, un être sans conscience, un non-humain.

Un meuble, à une autre époque, un autre genre.

L’autre – humain – n’existe pas, il est un fantasme maléfique, un animal sauvage, dangereux, qu’il faut abattre si jamais il se rebelle ou qu’il s’approche du « groupe d’êtres humains ».

Ce n’est pas ce que vous auriez fait dans la jungle ? Vous, gentil humain, face à cet animal sans limite et dangereux ?

Les racistes et les frappeurs de femmes ont ce quelque chose de commun.

1 – Ils agressent l’autre.

2- Ils s’excusent du mal qu’ils ont fait et qu’ils – soit disant – ne pensaient pas faire.

C’est ce que font les journalistes qui dérapent, les politiques qui tweetent des saletés.

Ils agressent, puis s’excusent

Comme si agresser, frapper, humilier, était un acte de naïveté.

Et on laisse faire, sans punition, car notre coeur a nous est « bon ». Car s’excuser, demander pardon, c’est quelque part « effacer le péché ». Magnifique morale judéo-chrétienne : » j’agresse mais je demande pardon, donc je suis bon… ne me jetez aucune pierre. D’ailleurs, qui êtes-vous pour me juger ? »

Ces frappeurs, d’êtres humains et de femmes, ont ce quelque chose de commun : ils assurent leur survie au regard de la société, tout en humiliant, sans donner l’air d’y toucher, celui qu’ils souhaitent détruire.

En le mettant à terre, comme une chose, un animal sans décence, sans conscience.

Uppercut

Plusieurs choses me viennent en tête.

1. Des citations. Méditons.

  • Si tu ne veux pas l’homme qui est en face de toi, comment croirais-je à l’homme qui peut être en toi? (Pour la révolution africaine : Ecrits politiques de Frantz Fanon)
  • C’est quoi une vie d’homme ? c’est le combat de l’ombre et de la lumière… c’est une lutte entre l’espoir et le désespoir, entre la lucidité et la ferveur… je suis du côté de l’espérance, mais d’une espérance conquise, lucide, hors de toute naïveté. (Entretien de Présence africaine, Aimé Césaire)

 2. un livre à livre: Purifier et détruire de Jacques Semelin.

 « Pour vivre, les hommes ont besoin de donner du sens à leur existence. Pour tuer, il en est de même. Ce tremplin mental vers le meurtre de masse repose sur les interactions constantes entre imaginaire et réel, à travers lesquelles toute limite est abolie »

Ces considérations sur les significations sociales amènent l’auteur à souligner la puissance de l’imaginaire, un imaginaire finement analysé à travers les thèmes de l’identité, de la pureté et de la sécurité, dans ses rapports à l’idéologie qui le relie au réel. Cette dynamique se traduit par le passage de l’angoisse collective à la peur intense à l’égard d’un ennemi, peur qui va pouvoir faire l’objet de manipulations.  (lire article entier)