La dame au cancer, l’homme à la femme malade… de l’amour et puis c’est tout.

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Quand j’étais petite, une dame qui me faisait mes tresses, répétait souvent à ma maman qu’elle avait perdu un sein suite à un cancer et que ça l’embêtait par rapport à son mari.

Du haut de mes 9 ans, je me rappelle m’être dit « s’il ne l’aime pas parce qu’elle a un sein en moins, c’est qu’il ne l’a jamais aimé. »

Des années plus tard, cette réflexion est toujours en moi. A t’on vraiment aimé quelqu’un si on ne l’aime plus parce que son corps a changé ?

L’être humain est complexe.

Je sais aussi qu’avec les années, ce n’est pas l’infidélité dont j’ai le plus peur dans un couple. Non, j’ai peur de la maladie, et de la mort brutale de l’autre.

Quand quelqu’un me dit « je t’aime » et je ferai tout pour nous, je ne peux pas m’empêcher de me demander « m’aimeras-tu dans la maladie? » , « m’aimeras-tu si un jour je ne suis plus la femme que tu as connu », auras-tu le courage de ne pas m’abandonner si un jour je change du tout au tout ?

Ma plus grande crainte n’a jamais été qu’un homme soit infidèle. Ma plus grande crainte est de ne pas connaître les clauses cachées de la fidélité qui retient un homme à moi.

Et si je perds mes cheveux?
Mes sourcils?
Mon sein?
Ma vue ?
Mon esprit ?

Oseras-tu être là ?
Et inversement, serais-je là pour toi? Est-ce que j’ai envie d’être là? Pour ce que je connais de toi, avec tes qualités et tes défauts ?

Je repense en écrivant ces lignes à un monsieur que j’avais croisé dans un hôpital, dans un ascenseur.

Il était intrigué par ce que j’avais dans la main et comme je ne suis pas quelqu’un qui s’embarrasse de tout et de rien, j’ai souri, et je lui ai montré mon document.

Nous avons discuté, et nous nous sommes arrêtés à un étage que je connaissais bien : le 3 ème, le service de cancéro.

Je lui ai demandé s’il était médecin, il m’a dit oui, mais qu’il ne travaillait pas dans cet hôpital. Qu’il était spécialisé en oncologie et… Qu’il était en visite pour sa femme, atteinte d’un cancer.

Ironie du sort?

Je ne me souviens pas du regard de beaucoup de personnes dans ma vie, mais je me souviens de celui-là.

Ce quelque chose de résigné.

Si mes souvenirs sont exacts, Sa femme passait près de 3 semaines par mois hospitalisée.

La fin me semblait proche.

Dans un regain de « et alors » je lui ai demandé ce qu’il compte faire. Il a eu l’air surpris, et j’ai insisté « que comptez-vous faire? car vous me parlez d’elle avec beaucoup de tristesse, ce que je comprends, mais elle est encore vivante! Elle a besoin de vous, vivant. Elle a besoin que vous lui parliez, que vous soyez à ses côtés, que vous l’ecoutiez mais que vous la fassiez rire également, comme vous avez sûrement pu le faire pendant des années. Quelque soit ce qui s’est passé avant entre vous et elle, ça ne doit pas être un obstacle, et je pense que ça ne l’est pas car vous êtes là. N’abandonnez pas! »

La honte m’a rattrapée quand dans mon balan je me suis rendue compte que je parlais à ce grand médecin qui avait l’âge d’être mon père comme si je le connaissais. Et pourtant je sentais qu’il fallait que je lui parle.

Et il m’a dit « merci », droit dans les yeux. Un vrai merci.

Je ne sais pas ce que la vie va vous amener, mais voilà ce que j’ai appris : on a pas besoin d’aimer quelqu’un ou de connaitre quelqu’un pour être bienveillant. S’ouvrir aux autres est essentiel, les rencontres sont des trésors. Parfois la dernière solution n’est pas un médicament, mais l’Amour.

Qui saura nous le donner ?
À qui saurons-nous le donner?

Des bisous,

La Tchipie.

Ps : désolée s’il manque des mots, j’écris une fois de plus à chaud avec mon gsm et je n’ai vraiment pas envie de me relire !

Bises!