Un jour, le prêtre en Martinique s’écria : « Hommes, soyez soumis à vos femmes ! »

Un jour le prêtre en Martinique s’écria : « Hommes, soyez soumis à vos femmes ! »
Hommes, soyez soumis à vos femmes !Ca sonne faux, hein ? Mais pourquoi ?
Si sa ki pa bon pou zwa, pa bon pou kanna…Je me suis toujours demandée comment une population faite de « femmes poto mitan », de « femmes fortes », de « femmes djok »,pouvait se retrouver avec autant de femmes peu sûres d’elles dans les relations amoureuses, des femmes tracassées, fracassées, des femmes faisant face à tout… mais ayant beaucoup de peines à faire avec les hommes.

Un jour, alors que je me promenais à la messe, j’ai entendu un :
« Femmes, soyez soumises à vos maris ! ».

J’ai donné un grand coup de coude à ma mère qui m’a dit de « fermer mes oreilles » quand quelque chose que le prêtre dit ne me plaît pas.

Really ?

J’ai fait un 360 degrés sur mon banc, croisant sur ma gauche une vielle dame avec du sel fermenté dans une petite poche, son chapelet glissé dedans… Et sur ma droite, un ex désoeuvré, probablement alcoolisé ou en gwo poil, vu les cernes qu’il avait sous ses yeux. Ciel, cette église était mal fréquentée ! Est-ce le cas de toutes les églises et autres temples ?

Je propose de faire un classement et de noter : ambiance, public, goût de l’hostie, chants, absence de rasta man (oui, on sait que le rasta c’est le mal voyons), présence de couples mariés ET fidèles (argus positif), et surtout : pas de audi, mercedes, 4×4 jante en or, garées sur le parking de l’église, ça fait vieux genre d’avoir des sous ET de croire en Jésus. In-com-pa-ti-beu-leu with the Jesus’s spirit.

Allez chez les francs-maçons plutôt, ils recrutent.
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Plus sérieusement,
« Femmes, soyez soumises à vos maris ! « 
Mon 360° m’a fait remarqué qu’il y avait 85% de femmes dans l’assemblée, 14% d’enfants, 1% d’hommes…

Visiblement, les hommes n’avaient pas besoin d’écouter ça, ils connaissaient déjà la leçon (1%!). Par contre, les enfants, en bon petits soldats, en bonnes petites éponges des savoirs des adultes, eux, étaient bien présents. Charmants bambins.

Nous avons une population majoritairement croyante, très active dans les milieux religieux (milieux underground compris), et qui peut-être se laisse dépouiller « l’âme féminine » par des écrits d’un autre siècle, probablement machistes, qui contribuent à éventrer l’esprit critique de certaines.

Oui, éventrer.

Jusqu’où laissons-nous la religion interférer avec qui nous sommes vraiment ?

Si nous ne croyons pas positif certains aspects religieux, aurons-nous le courage et la détermination d’aller en parler avec le prêtre et de demander une réflexion publique sur ce qui devrait être mis de côté lors des messes et autre sermon gratuit ?

En quoi cette influence a-t-elle contribué à construire des générations de femmes mal.. malades d’elles-mêmes, malades de leurs familles, malades de leur époux ?

Jusqu’où la respectabilité aux yeux d’autrui piétine-elle notre individualité ?

On me raconte l’histoire d’une femme qui est restée mariée 30 ans auprès d’un homme alcoolique. Elle avait demandé de l’aide à ses paroissiens, on l’a inscrite au Rosaire, et on lui a répété « pour le meilleur… pour le pire… » suivi de 10 « je vous salue Marie. »

Une autre en est morte dans un accident de voiture. Elle n’a jamais osé le quitter, jamais osé le tromper, jamais osé rêver à une autre vie, seule avec ses enfants ou avec un nouveau compagnon. Elle n’a tellement pas osé que c’est la vie qui a fini par choisir pour elle, elle l’a prise à nous un mois de décembre.

Sans oublier cette autre femme qui se fait insulter par ses propres enfants, qui se fait traiter par tous ses enfants de manawa, pétasse et femme de mauvaise vie, car elle a quitté son compagnon, maltraitant, avec qui elle vivait depuis plus de 30 ans.

Avons-nous le choix de dire ce qui va ou ce qui ne va pas ?
Où devons-nous aller croire tout ce qui est dit : « tête baissée » et « oreilles grandes ouvertes » ?

La prochaine fois qu’un prêtre ouvrira sa délicate bouche pour EXIGER des femmes qu’elles soient soumises à leurs maris, je lui demanderai si la personne qui avait écrit ça était un homme marié, frustré d’avoir une femme qui n’acceptait pas son comportement odieux ?

Ah oui…
Paroles saintes, paroles saintes…

Mais… esprit saint ?

La Tchipie