La personne qui écrivait utilisait les mots « moi, la petite négrillonne »

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J’ai reçu un mail qui ne m’a pas trop plu. Plutôt mis mal à l’aise.
En fait, qui me plonge dans une profonde violence.

La personne qui écrivait utilisait les mots « moi, la petite négrillonne », et « Peut-être un jour quelqu’un me trouvera »

Les personnes déçues devraient se féliciter d’une chose : elles vivent, elles sont là, elles ont le choix.
Je fais peut-être miss obsédée à crier sur tous les toits que quand on a une vie, quand on est debout, il n’appartient qu’à nous de nous battre, mais je suis sincère.

La balle est dans votre camp.

Nous avons le droit de pleurer, de nous lamenter, et même de fabriquer de fausses petites poupées vaudous pour harceler celui qui nous a quitté (done !).

Mais donnons-nous le droit de nous battre aussi pour que demain soit meilleur.

Quelle valeur donnez-vous à votre vie pour une personne qui ne vous aime pas ?
Parce que monsieur machin ne s’est pas saigné pour vous votre vie doit s’arrêter ?

Vous ne valez pas mieux qu’un pauvre type qui ne veut plus de vous ?

Vous êtes sérieuses là ?

Il peut avoir toutes les qualités du monde, la plus belle gueule du monde, le plus beau compte en banque du monde, le plus beau coup de l’univers, vous donner envie de décrocher la lune, vous avoir appelé bébé/chérie/doudoulanmou/lafemmedesavie pendant des années, vous pouvez avoir donné 10 gamins à cet homme…

Je vais vous dire un secret : Il est juste un homme parmi tant d’autres. Avec ses qualités, et ses défauts. Juste un homme parmi tant d’autres.

Il fait la différence parce que vous l’avez aimé.
Mais il n’est pas un être supérieur.

Vous pensez qu’une relation qui ne va pas dans votre sens est une relation qui vous condamne à ne pas être aimée ?
Une idée me dit que le problème n’est pas celui qui vous aime ou pas, mais le fait que vous ne voyez même pas que vous êtes quelqu’un que « n’importe qui » peut aimer et avec beaucoup de plaisir !

Quant au fait d’enchaîner des plans culs, c’est votre choix.
Vous avez le droit de ne plus fréquenter d’hommes, de vous mettre en mode célibat, d’acheter de bonnes piles et d’attendre sereinement. Personne ne saura, acheter un silencieux !

Vous avez aussi le droit de fréquenter des hommes qui veulent vous séduire, vous n’avez pas besoin de coucher avec eux ! (On sait TOUTES comment faire, vous n’avez qu’à raconter que vous n’êtes pas prêtes/sentiment pour l’ex/vosreglesH24depuis6mois/blablabla)

Quant à l’histoire de Négrillonne.

Je suis issue d’une famille où les Mulâtres et les Noirs ne font aucune différence entre eux.
Je suis issue d’une famille où l’oncle Mulâtre coiffe la femme Noire le dimanche, pendant que tatie met son vernis sur ses pieds, et que mamie Mulâtresse rouspète parce que le gâteau a cuit trop vite.
Je suis issue d’une famille où mon Couli ne se fait pas invité par ses amis parce qu’il paraît que le Couli attire les femmes, donc on ne veut pas de lui pour qu’il arrête de griller les plans.
Je suis issue d’une famille où les mots Nègres, et même Mulâtres n’ont jamais été prononcés, parce que bizarrement, ces choses n’avaient aucune importance dans notre petit fonctionnement quotidien.
Ce qui était important ?
Ne pas manger le Kiri de Papi, mulâtre, ne pas dire de bêtises à son père, Noir. Ne pas médire sur les gens.

Et arrêter de tuer les anolis.

Nos enfants porteront toutes les couleurs possibles et inimaginables. Noir, Mulâtre, Zindien, sa zot lé. Et nous espérons que les mots « négrillons », « négrillonnes » ne seront jamais pensés, ni prononcés pour eux-même ou envers autrui.

Merde !

La haine que nous avons de nous ne nous permettra jamais de grandir ni même de comprendre si nous sommes aimés, aimables…
Ni même de comprendre l’amour que nous avons près de nous, que nous sommes à deux doigts d’avoir et de recevoir dans nos vies.

La Tchipie,
En colère, Les larmes aux yeux.
Qui embrasse très fort les siens.