Témoignage 2 : Moi, ma couleur de peau, ma beauté, ma Féminité, et… Les autres.

femme NB

Salut la Tchipie !

Je suis ton blog depuis deux ans à peu près, voire même plus, et je l’apprécie beaucoup, tu traites de différents sujets qui me tiennent particulièrement à cœur, et ton blog regorge de témoignages tous aussi touchants les uns que les autres.

Je me suis toujours dite que tôt ou tard, il fallait que je témoigne, mais je ne savais pas exactement de quoi je voulais parler (d’autant que ce blog parle pas mal de sexe et que j’ai une vie sexuelle… on va dire embryonnaire).

Mais sur CE sujet qui concerne l’apparence physique en général, je me dis que ENFIN je peux parler.

Alors par où commencer ?

Physiquement, j’ai la peau plutôt claire, des yeux bridés, des cheveux frisés assez épais, une bouche assez pulpeuse et un nez… on va dire pas très affiné. Ma bouche et mon nez me complexaient énormément. Combien de fois ai-je complexé sur mon nez, combien de fois m’a-t-on dit que j’avais « une bouche de suceuse » (ce qui pour moi n’est pas valorisant du tout quoi qu’on dise et surtout pas élégant) ? J’ai toujours pensé que j’avais les traits grossiers et j’avais même envisagé la chirurgie esthétique, mais ça c’est une autre histoire. Mes cheveux aussi, je trouvais que c’était une horreur : affreusement épais (telle était ma conception), jamais lisses, et j’avais recours à divers produits comme le fameux Activilong, et je n’ai jamais eu des cheveux « de blanc » (comme l’a dit la personne avant moi). On va dire que ma couleur de peau ne m’a pas vraiment posée « problème ».

Mais on m’a beaucoup taclé sur mon apparence physique, pas sur ma couleur de peau, mais surtout sur les traits de mon visage et mes cheveux, qui soi-disant ne correspondent pas à un idéal de beauté. Et quand je parle d’idéal de beauté, dans beaucoup d’esprits, c’est la femme à la peau claire, cheveux lisses, traits fins, nez fin etc etc (tout ce que je ne suis pas !). Ce qui est triste, car comme l’a si bien dit un des témoignages publiés, les beautés sont toutes différentes. Je pense même que c’est une erreur de dresser un portrait-robot de la « femme idéale », parce que tous les goûts sont dans la nature, et que ça créerait des complexes à n’en plus finir. Mais ça, j’ai mis du temps à m’en rendre compte, mon histoire personnelle m’ayant poussé à penser le contraire.

Car malheureusement, plus le temps passait, et plus j’étais convaincue que je n’étais pas belle.
Ça me frappe énormément, la Tchipie, lorsque tu poses les questions suivantes : « De qui peut-on être aimé ? Qui pouvons-nous séduire ? ».

Car en ce qui me concerne, lorsque je fais un bilan de ma vie, je me rends bien compte que n’ai jamais attiré les Blancs : en effet, tous ceux qui me draguaient et me courtisaient… n’étaient jamais Blancs.

Je n’ai pas de genre particulier, je ne choisis pas une personne en fonction de sa couleur ou de son ethnie, mais il faut avouer qu’un tel constat est assez déconcertant :

que devais-je en penser ?
Que mon apparence physique ne pouvait attirer des hommes de telle origine ? Qu’est-ce qui posait problème exactement ?
Mes cheveux trop épais ?
La forme de mon nez ?
Ma bouche trop pulpeuse sans doute, qui en ferait fuir plus d’un ?

Autant de questions sans réponse, qui ne faisaient que renforcer mon manque de confiance en moi.

J’étais de plus en plus convaincue qu’un idéal de beauté existait bel et bien, et que j’en étais exclue. Je ne pense pas que ma couleur de peau ait été un réel frein dans ma vie personnelle, c’est plutôt certains éléments de mon apparence physique que je considérais comme des barrières, tels que la nature de mes cheveux et mon nez, entre autres. En clair, je ne me sentais absolument pas désirable, il m’était inconcevable de pouvoir plaire véritablement à quelqu’un. Puisque tu parles de féminité, je tiens à dire que je ne me sentais absolument pas femme. Longtemps j’ai pensé que la belle femme, c’était celle aux cheveux lisses et aux traits fins.

Il m’a fallu beaucoup de temps pour m’affranchir de ces préjugés qui me gâchaient à moitié la vie, et qui m’éloignaient progressivement de l’acceptation de moi-même, avec ce que Dieu m’a donné. C’est dur de se dire qu’on est belle, quand notre vécu nous pousse à penser le contraire (remarques désobligeantes sur l’apparence physique notamment), surtout qu’en ce qui me concerne, j’ai eu mon premier baiser très très tard, à 20 ans, et avant cet âge-là, aucun homme n’avait posé les mains sur mon corps, c’est dire. A ce moment-là, j’ai été courtisée par un homme Blanc (je précise parce que c’est vraiment une première !) qui selon ses dires, me trouvait très jolie, et voulait m’inviter à boire un verre.

J’ai aimé sa manière de m’aborder, alors j’ai accepté… et j’ai très vite fini dans son lit.

Et là… je crois que ce moment a été un réel tournant dans ma vie : il m’a traité comme une reine, dans ses gestes, ses caresses, ses baisers sur mon corps, je me suis sentie réellement belle et désirée, il a éradiqué tous mes complexes de jeunesse en un rien de temps, comme s’il aimait tout en moi, dont mes lèvres que je dénigrais au plus haut point, mais que lui embrassait avec une telle passion… Il me berçait de compliments, me disait que j’étais belle, qu’il avait envie de moi, il visitait chaque parcelle de mon corps.
C’est une nuit que je n’oublierai pas de sitôt. Mais bon, il faut savoir que même avant ça, le processus d’acceptation de moi-même s’était déjà enclenché, au fur et à mesure que je grandissais. C’est peut-être le fait que j’avais mûri, qu’en une fraction de seconde notre perception de nous-même peut changer : des fois, il suffit juste de se poser devant sa glace, d’« ausculter » son visage, et de constater ô combien on est belle. La Nature a gâté tout le monde, à sa manière.

Encore faut-il que la beauté qu’elle nous a attribuée soit déjà perceptible par la détentrice de cette beauté.

Ça m’a beaucoup touchée, la Tchipie, lorsque tu as dit dans un de tes articles : « Touchez vos lèvres, regardez comme elles sont belles, elles sont faites pour donner de l’amour » : tu as toujours les mots pour booster les autres, et nous faire sentir mieux, nous les femmes aux divers complexes. Dans ce que tu écris, tu nous donnes envie de nous sentir belles, de croquer la vie, de ne pas douter de notre sex appeal, et ça, c’est un réelle force, un pouvoir que tu détiens et qui, j’en suis sûre, a eu des effets curatifs sur la plupart des lectrices de ton blog.
Une dernière chose que je tenais à dire : je ne sais pas si tu publieras mon témoignage, parce qu’il est vrai que je ne réponds pas complètement aux critères du sujet donné, puisque me concernant, ma couleur de peau ne m’a jamais posée de problème.

Mais je tenais quand même à m’exprimer, parce que lorsque j’ai lu le sujet, je l’ai vraiment interprété de manière globale, un sujet qui englobe les complexes physiques que l’on peut avoir et qui ont pu constituer un frein, hormis notre couleur de peau. Dans l’intitulé du sujet, à savoir : « Moi, ma couleur de peau, ma beauté, ma Féminité, et… Les autres. », je retiens surtout l’élément suivant : Ma beauté. Car en effet, j’ai la peau claire, mais ce n’est parce qu’il en est ainsi que je n’ai pas douté de ma capacité à séduire, que j’ai été plus privilégiée que les femmes à la peau foncée. Notre couleur de peau, claire ou foncée, ne nous épargne pas nécessairement des complexes qui peuvent nous bouffer la vie. Même en ayant la peau claire, je n’y ai pas échappé, et mon témoignage le prouve.

Merci la Tchipie de nous donner la parole, ça m’a fait un bien fou de m’exprimer sur un mal-être qui a tout de même laissé des séquelles. J’espère sincèrement que tu publieras mon témoignage, même si je n’ai pas complètement respecté le deal.