« Tu as raté tes tentatives de suicides. Tu crois aux signes ? Je pense qu’il est temps de les comprendre. Il faut savoir ne pas être trop persévérant, et choisir d’autres voies. »

Phrase prononcée un jour et qui, je le souhaite, sera relue… :

« Tu as raté tes tentatives de suicides.
Tu crois aux signes ?
Je pense qu’il est temps de les comprendre.
Il faut savoir ne pas être trop persévérant, et choisir d’autres voies.

En l’occurrence, tu dois arrêter de t’acharner et choisir la seule alternative que je vois : la Vie. »

La méditation du jour :

J’ai l’impression de me retrouver face à un mur. Quelqu’un qui s’est emmuré derrière des draps sales de violence, de désamour, de mal être, de non-dits.
Parfois, le mur s’effrite, et laisse passer la lumière.

Alors je parle, je parle, je parle.
Je parle d’authenticité.
De dire la vérité. De mettre des mots sur les maux.
Mais je sais que ma voix est entendue de façon lointaine.
Parfois, je sais qu’on ne m’entend pas, qu’on ne comprends pas.
Mais je parle, je parle, je parle.

Je fais parler.
J’écoute comme je peux.
Et puis le mur.

Le murs de pleurs gardés trop longtemps, le mur de la sécheresse, le mur des « tout le monde s’habitue à la mort de tout le monde, ils s’habitueront à la mienne ».

Ma peau qui semble brûler en entendant ces maux.
Mes pensées qui deviennent lourdes.

Et cette question qui revient :
Comment faire renaître la vie dans le coeur de quelqu’un qui ne veut plus vivre ?

Alors je parle, je parle, je parle.
Je parle d’être soi, d’avoir le courage de se dire, celui de pleurer.
Je fais parler, parler, parler.
J’écoute comme je peux.
Et puis le mur s’effrite.
Un peu de lumière. Tiens, elle danse. Elle a faim.

J’entends : « est-ce que tu m’aimes ? »

Et je ne sais pas quoi répondre qui ne rime pas avec « colère ».
Est-ce que « Aimer » rime avec « Volonté de Suicide » ?

Je ne sais pas comment répondre « je t’aime » à quelqu’un qui nous fait du mal, même sans le vouloir.
Les mots ne peuvent pas sortir.
Mais ma présence témoigne de tout.

Alors je me tais, je médite et je retrouve les mots :

« Prenons au sérieux nos pulsions morbides: la mort va jusqu’à fasciner, le suicide vient parfois nous tenter. Pour ceux qui en jouissent, la vie paraît belle. Mais pour ceux qui en pâtissent, elle semble funeste. Pour tous, elle est chaotique, roue qui tourne, nous pousse un jour au sommet, à l’abjection le lendemain, avec une implacable égalité. Roi ou mendiant, l’épilogue est le même: un cadavre descend dans la terre. »

« La vie fait plus peur que la mort, en fait. C’est une plus grande inconnue. »

« La vie est une chance, saisis la
La vie est une beauté, admire la
La vie est une béatitude, savoure la
La vie est un rêve, fais en une réalité
La vie est un défi, fais lui une farce
La vie est un devoir, accomplis le
La vie est un jeu, joue le
La vie est précieuse, prends en soin
La vie est une richesse, conserve la
La vie est amour, jouis en
La vie est un mystère, perce le
La vie est une promesse, remplis la
La vie est tristesse, surmonte la
La vie est un hymne, chante la
La vie est un combat, accepte le
La vie est une tragédie, prends la à bras le corps
La vie est une aventure, ose la
La vie est bonheur, mérite le
La vie est la vie, défends la »

Beaucoup de lumière à chacun de nous,
De courage pour dire les choses et faire le ménage dans nos vies,
De courage pour être fort dans l’authenticité.

Beaucoup de courage à chacun de nous pour remettre de l’ordre dans le désordre,
Pour oser le désordre là où tout le monde veut que tout soit en ordre,

Sans se demander si les choses rangées sont réellement à leur place…

La Tchipie