« Ils ont voulu nous enterrer. Ils ne savaient pas que nous étions des graines. »

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Ce moment où tu la recroises,
Cette jeune fille que tu avais connu deux ans auparavant,
Pas sûre d’elle, incertaine, couverte de cicatrices énormes sur les jambes,
Toujours à parler un bras replié contre son ventre, et que toi, en bonne zizitata, tu n’avais pas cessé de la taquiner, lui demandant comment une fille aussi belle et intelligente pouvait être aussi renfermée,
Que tu t’étais amusée à lui demander si elle était croyante et que toujours pour l’emmerder, la taquiner, tu lui avais sorti qu’il paraît que quand on a des dons et qu’on ne les utilise pas, parce qu’on a pas confiance en soi, on fâche dieu qui avait cru en nous,
Que ça l’avait fait rire,
Que de discussion en discussion, tu lui avais demandé si toutes les cicatrices de ses jambes étaient les restes d’un accident,
Et que son visage s’était refermé, te disant que ces cicatrices étaient des restes de Guerre, des restes dûs aux machettes, pendant le génocide du Rwanda,
Qu’en écoutant ses mots ton coeur avait pleuré,
Que deux ans plus tard, tu croises à nouveau cette jeune femme, et son son visage, changé, radieux, souriant,
elle, en robe, épanouie, te faisant une plaisanterie, le visage lumineux.

À tous ceux qui ont mal et qui souffrent , demain est un autre jour,
A tous ceux qui ne reconnaissent plus leur visage dans un miroir,
À tous ceux que l’on a voulu éliminer, physiquement, psychiquement,

« Ils ont voulu nous enterrer. Ils ne savaient pas que nous étions des graines. »

Patience, courage, persévérance.

Bon lundi à tous,

LT
En manque de caféine.

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